Charlie Rose est réellement fasciné par Apple; après déjà un long documentaire consacrée à la firme pommée, le journaliste a consacré une longue interview à l’un des hommes clefs de Cupertino : Jonathan Ive. Le Designer en chef d’Apple entame la discussion presque “classiquement”, égrenant des propos maintes fois entendus de sa bouche, rappelant son goût pour la perfection, que l’objectif était de faire “les meilleurs produits possibles” et que son métier “n’est pas de rapporter de l’argent à Apple” (hum…), etc…

L’interview prend une toute autre dimension dès lors que Charlie Rose aborde le sujet de l’amitié entre Ive et Steve Jobs. Le designer britannique rappelle alors avec une certaine émotion palpable à quel point Jobs et lui étaient sur la même longueur d’onde esthétique : sans être un professionnel du design, Jobs avait en effet cette capacité innée du sens parfait des proportions, du mariage des couleurs, de la forme générale. Il ne créait pas les formes, mais son oeil exigeant était celui d’un vrai connaisseur. Sir Ive reconnait même qu’il a fini par s’inspirer du style “cassant” de Jobs pour juger de façon plus nette de la valeur des projets qui lui étaient présentés.

Ive raconte à ce sujet une anecdote bien représentative de la façon de faire de Steve Jobs, qui ne remettait jamais à demain ce qu’il pouvait faire le jour même : ainsi, lors de la toute première rencontre entre les deux hommes en 1996, Steve Jobs s’isola dans une pièce avec le designer pour commencer à plancher …sur le design de l’iMac !

Depuis le départ de son ami Steve Jobs, Ive a pris du galon chez Apple; le designer assume les multiples casquettes dont il a hérité d’une formule éclairante : “Je me sens à la fois artiste, designer, ingénieur, constructeur et artisan“. Il faut dire que les prérogatives de Ive s’étendent désormais aux interfaces graphiques OS X et iOS, ce qui l’aura forcément rapproché des équipes travaillant sur le coeur des systèmes d’exploitation; de nouvelles logiques et contraintes en somme…