Lancée il y a quelques jours, la fonctionnalité « Collections personnalisées » d’Apple sur l’App Store promet de mieux orienter les utilisateurs vers de nouvelles applications dans les onglets Applications, Jeux et Recherche. Derrière cet habillage marketing, le groupe de chercheurs en cybersécurité Mysk a découvert une collecte de données d’une précision troublante de chaque utilisateur, et ce de manière imposée.

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Une surveillance identifiable, du moindre clic à la vitesse de frappe

Pour alimenter son algorithme de recommandation, Apple enregistre bien plus que de simples habitudes de navigation. Mysk a établi, preuves techniques à l’appui, que chaque interaction sur l’App Store génère des requêtes analytiques envoyées aux serveurs d’Apple, incluant chaque pression sur l’écran et plus précisément sur les touches du clavier. Plus révélateur encore, le groupe a démontré qu’Apple est en mesure de calculer la vitesse de frappe de ses utilisateurs : « Apple met désormais en action les données analytiques identifiables et exhaustives qu’elle collecte sur l’App Store. Chaque pression est enregistrée et il n’existe aucun moyen de désactiver cela. Apple peut même calculer votre vitesse de frappe », indiquent les chercheurs.

Ces données ne sont pas anonymes. Lors d’une simple recherche sur l’App Store (avec la recherche Tim Cook pour l’exemple), Mysk a capturé et a dévoilé le détail des informations transmises aux serveurs d’Apple, illustrant le caractère directement identifiable des données collectés. La démonstration est vérifiable : ces mêmes données apparaissent dans l’outil officiel d’exportation des données personnelles disponible sur privacy.apple.com, ce qui confirme qu’Apple les conserve bien et les associe à chaque profil utilisateur.

Apple ne respecte pas vraiment la vie privée là

Ce qui distingue cette affaire d’un simple débat sur la vie privée, c’est l’absence totale d’alternative laissée à l’utilisateur. La fonctionnalité « Collections personnalisées » est activée par défaut et aucun réglage ne permet de désactiver ce pistage au sein de l’App Store. Apple a fait le choix d’un système entièrement imposé, sans mécanisme de consentement préalable.

Mysk pointe ici un problème lié au monopole de l’App Store sur iOS : « Si les conditions de confidentialité d’Apple Music ne vous conviennent pas, vous pouvez écouter de la musique sur Spotify. Mais où ailleurs peut-on télécharger des applications sur un iPhone ? ». L’argument est imparable : face aux pratiques d’Apple Music, l’utilisateur peut se réfugier chez un concurrent. Face à la collecte de l’App Store, il n’existe aucune porte de sortie : sur iPhone, télécharger une application passe obligatoirement par ce canal unique.

Pour le moment, la fonction « Collections personnalisées » est uniquement disponible en anglais et aux États-Unis. Mais Apple a déjà dit que le support d’autres langues et pays se fera à l’avenir.