Apple doit son existence à cinq refus de HP, révèle Steve Wozniak
Steve Wozniak assure qu’il n’a jamais lancé Apple pour devenir riche ou bâtir un géant de la tech. Dans un discours à l’université d’État de Grand Valley devant les nouveaux diplômés, le cofondateur d’Apple a plutôt décrit un projet né d’une obsession technique, des refus de Hewlett-Packard (HP) et d’une envie de faire les choses autrement.

HP a aidé indirectement à la création d’Apple
Chez Steve Wozniak, le moteur de départ n’a rien du récit entrepreneurial classique. Il dit n’avoir cherché ni l’argent ni l’entreprise ou même la création d’un secteur, mais simplement la concrétisation de son ordinateur personnel et l’estime de ses pairs :
Je voulais que d’autres ingénieurs ou informaticiens regardent mes créations et s’exclament : « Wow ! », qu’ils m’apprécient et admirent mon génie, en se demandant : « Mais comment a-t-il bien pu imaginer tout ça ? ».
Cette logique éclaire aussi sa manière de parler aux diplômés. Son message n’était pas de viser grand à tout prix, mais d’éviter la trajectoire copiée sur celle de millions d’autres, en cherchant plutôt ce qu’on peut faire un peu différemment :
Ne faites pas comme un million d’autres personnes. Demandez-vous : « Y a-t-il quelque chose que je pourrais faire un peu différemment ? ».
Apple est pourtant né d’un blocage très concret. Dans les années 1970, après une pause dans son cursus à Berkeley, Steve Wozniak décroche un poste chez HP et pense y faire toute sa carrière. Mais son idée d’ordinateur personnel y est refusée cinq fois. C’est ce mur répété qui le rapproche finalement de la proposition de Steve Jobs de se lancer avec Ronald Wayne en 1976.

Steve Jobs, Steve Wozniak et Ron Wayne
À la création d’Apple, Steve Jobs et Steve Wozniak reçoivent chacun 45 % du capital, Ronald Wayne ayant les 10 % restants. Ronald Wayne revend sa part presque immédiatement et Steve Wozniak ne garde pas non plus la sienne très longtemps.
Une réussite vécue à distance de la fortune
Dans les années 1980, Steve Wozniak cède progressivement une grande partie de ses actions, en donne à des salariés privés de participation au capital et verse aussi de l’argent à des œuvres caritatives. S’il avait conservé sa part d’origine, sa fortune théorique aurait pu atteindre un niveau historique : 1 000 milliards de dollars. Lui raconte au contraire un rapport anciennement méfiant à l’accumulation de richesse.
Il l’illustre avec des épisodes beaucoup plus modestes. Plus jeune, il passait ses nuits à taper au propre des devoirs universitaires pour des inconnus ou à aider des étudiants pour quelques centimes seulement parce qu’il aimait le faire. « Si vous faites quelque chose que vous aimez, et moi j’aimais taper, vous n’avez pas besoin de le prouver en demandant énormément d’argent », a-t-il déclaré lors de son discours.
Même après son retrait d’Apple en 1985, il est resté salarié de l’entreprise et a plus tard raconté qu’il touchait encore environ 50 dollars par semaine après impôts. Plus tard, il est de retour à Berkeley pour terminer son diplôme à 35 ans sous le pseudonyme Rocky Raccoon Clark, puis il a passé plusieurs années à enseigner l’informatique.
Son conseil final aux diplômés reste à cette image, très simple et très concret : prendre un travail, subvenir à ses besoins, continuer d’apprendre et faire de son mieux même quand la suite paraît floue.
