Le recul du marché mondial des smartphones n’empêche pas Apple d’accélérer. Au deuxième trimestre 2026, le groupe a expédié 55,7 millions d’iPhone, soit 14,9 % de plus qu’un an plus tôt, selon les nouvelles estimations d’IDC. Sa part de marché atteint ainsi 20,2 %, contre 16,3 % au printemps 2025. Cette progression tranche avec la baisse de 7,4 % de l’ensemble du secteur, retombé à 276,3 millions d’appareils.
Ces chiffres ne mesurent pas directement les ventes aux consommateurs : les cabinets suivent surtout les livraisons vers les distributeurs et les opérateurs. Ils donnent néanmoins une indication solide de la dynamique commerciale. Apple et Samsung sont d’ailleurs les deux seuls constructeurs du top 5 à afficher une croissance annuelle sur la période, alors que l’industrie absorbe une hausse brutale du coût de la mémoire.

L’iPhone gagne près de quatre points en un an
La photographie publiée par IDC est particulièrement favorable à Apple. Avec 55,7 millions d’unités livrées, la société gagne 7,2 millions d’appareils sur un an et 3,9 points de part de marché. Samsung reste numéro un avec 62,7 millions de smartphones et 22,7 % du marché, mais l’écart entre les deux groupes se resserre au moment où les autres grands fabricants reculent.
IDC attribue le résultat d’Apple à la bonne tenue de la gamme iPhone 17 et aux achats anticipés de consommateurs craignant de futures hausses de prix. Ce second facteur mérite une lecture prudente : une demande avancée dans le calendrier peut embellir un trimestre sans créer autant de ventes supplémentaires sur l’année. Le cabinet estime toutefois qu’Apple reste en bonne voie pour atteindre une part annuelle record de 22 % en 2026.
Le constat complète, avec un nouveau jeu de données mondial et des volumes précis, les tendances régionales déjà relevées par Counterpoint. iPhoneAddict avait ainsi détaillé la progression de l’iPhone dans plusieurs régions malgré le ralentissement général, puis la première place de l’iPhone 17 parmi les modèles les plus vendus. La nouveauté du rapport d’IDC tient à la consolidation du trimestre complet : elle chiffre à la fois l’ampleur de la baisse mondiale et l’écart de performance d’Apple par rapport au marché.
La crise de la mémoire favorise les marques les plus solides
La progression d’Apple intervient dans un environnement inhabituellement difficile. D’après IDC, le coût de la mémoire a augmenté de près de 300 % et peut désormais représenter plus de 65 % de la nomenclature matérielle d’un smartphone d’entrée de gamme. Les fabricants qui vendent des appareils peu chers disposent de moins de marge pour absorber ce choc. Ils doivent augmenter leurs prix, réduire certaines caractéristiques ou accepter une rentabilité plus faible.
Apple n’échappe pas à cette inflation. La société a déjà renforcé ses stocks de composants et teste de nouveaux fournisseurs de mémoire, tandis que les tensions sur la RAM affectent aussi certains Mac. Son positionnement haut de gamme lui donne cependant davantage de latitude. Une hausse absolue de quelques dizaines d’euros pèse proportionnellement moins sur un iPhone vendu plusieurs centaines d’euros que sur un mobile d’entrée de gamme.
Le poids d’Apple dans les achats de composants constitue aussi un avantage. Les grands volumes, les contrats de long terme et la capacité à avancer des fonds peuvent sécuriser une partie des approvisionnements lorsque les capacités deviennent rares. Cette force ne supprime pas le risque de hausse tarifaire, notamment pour les prochaines générations d’iPhone, mais elle réduit la probabilité de devoir dégrader rapidement les configurations ou de subir des ruptures prolongées sur toute une gamme.
Un record possible, mais pas encore acquis
Le scénario d’une part annuelle de 22 % dépendra des prochains mois. Le troisième trimestre intègre généralement la fin de cycle de la génération en cours, puis le quatrième bénéficie des nouveaux modèles et des achats de fin d’année. En 2026, cette saisonnalité se combine à deux inconnues : l’ampleur réelle des hausses de prix et la capacité des consommateurs à continuer de privilégier les modèles premium dans un marché qui se contracte.
Les chiffres d’expédition peuvent en outre être influencés par la constitution de stocks avant un lancement ou une augmentation tarifaire. Il faudra donc comparer les données d’IDC aux résultats financiers d’Apple, aux délais de livraison et aux activations d’appareils pour mesurer la demande finale. Une partie de la hausse du trimestre pourrait correspondre à des unités encore présentes dans les canaux de distribution.
Il reste que le contraste est net : alors que le marché perd plus de 22 millions de livraisons en un an, Apple en ajoute plus de 7 millions. L’iPhone ne se contente donc pas de résister à la contraction ; il capte une part plus importante d’un marché devenu plus petit. Si cette dynamique se maintient jusqu’à la fin de l’année, le record anticipé par IDC confirmerait que la crise des composants consolide surtout les positions des fabricants capables de défendre leurs prix et leurs approvisionnements.








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