Apple vient de vivre une semaine de transition à plusieurs étages. La plus visible se joue au sommet de l’entreprise, avec l’arrivée officielle de John Ternus à sa direction. Mais le changement se manifeste aussi dans les logiciels, le sort réservé aux Mac Intel et les projets matériels qui se dessinent pour les prochaines années.
À quelques jours de la keynote du 9 septembre, l’iPhone Ultra pliable concentre logiquement une bonne partie de l’attention. Entre son prix supposé et les difficultés de production, ce premier modèle pliable s’annonce autant comme une démonstration technologique que comme un défi industriel. Pendant ce temps, Apple continue de préparer la maison connectée, le jeu vidéo et de nouvelles ouvertures de son écosystème.

John Ternus ouvre une nouvelle ère à la tête d’Apple
Le changement historique de la semaine est désormais officiel : John Ternus a succédé à Tim Cook au poste de CEO d’Apple le 1er septembre. L’ancien responsable de l’ingénierie matérielle prend les commandes après vingt-cinq années passées dans l’entreprise. Tim Cook reste néanmoins très présent en devenant président exécutif du conseil d’administration, avec notamment un rôle sur les dossiers institutionnels et politiques.
Cette transition a été accompagnée d’un autre mouvement important : Phil Schiller a quitté la direction de l’App Store et des événements Apple. Il conserve son titre d’Apple Fellow, mais la boutique d’applications revient désormais dans le giron des services d’Eddy Cue, avec Carson Oliver chargé de sa gestion quotidienne.
Le profil très orienté produit de John Ternus ne signifie pas pour autant qu’Apple va pouvoir résoudre ses principaux défis avec de nouveaux appareils. Notre analyse de cette succession souligne l’importance des dossiers logiciels, réglementaires et industriels dont hérite le nouveau dirigeant. Siri AI, les relations avec les développeurs et la diversification de la production pèseront probablement autant que les prochains iPhone.
L’iPhone Ultra pliable entre ambition et contraintes industrielles
Le premier iPhone pliable d’Apple devrait occuper une place centrale lors de la keynote. D’après les estimations de TrendForce, son prix américain pourrait commencer entre 2 099 et 2 299 dollars. Le cabinet évoque un écran externe OLED de 5,5 pouces, une dalle interne de 7,8 pouces avec ProMotion, Touch ID, une puce A20 Pro gravée en 2 nm et jusqu’à 2 To de stockage. Ces éléments restent issus d’estimations et de fuites, Apple n’ayant encore confirmé ni les caractéristiques ni les tarifs.
Le défi ne se limite pas au prix. Selon Nikkei Asia, la production initiale ne dépasserait que quelques centaines d’exemplaires par jour. Apple aurait ajouté une nouvelle phase de contrôle afin de vérifier la résistance de l’appareil, la qualité de l’écran et le mécanisme de charnière. Le groupe viserait pourtant entre 8 et 10 millions d’unités produites cette année, ce qui suppose une accélération considérable des cadences.
L’iPhone Ultra pourrait donc arriver avec des stocks très limités. Ce lancement servira de premier test public à John Ternus, même si le produit a évidemment été conçu bien avant sa prise de fonction. Entre la maîtrise du pli, le rendement des écrans et un tarif qui dépasserait nettement celui des iPhone Pro, Apple ne choisit pas exactement le niveau de difficulté débutant.
iOS 27 approche, les Mac Intel s’éloignent
Apple a poursuivi la préparation de ses prochaines mises à jour avec la huitième bêta d’iOS 27 et des autres systèmes. La build 24A5430a d’iOS 27 et d’iPadOS 27 a d’abord été distribuée aux développeurs. À ce stade du calendrier, les changements visibles se font généralement plus rares : Apple concentre surtout ses efforts sur les derniers correctifs avant la version finale attendue autour de la mi-septembre.
Sur Mac, la transition vers Apple Silicon franchit parallèlement une nouvelle étape. Les développeurs du Mac App Store ne sont plus obligés de maintenir la compatibilité Intel pour les applications nécessitant macOS 13 ou une version plus récente. Ils peuvent désormais proposer des versions exclusivement compilées pour l’architecture ARM64.
macOS 26 reste la dernière version compatible avec les Mac Intel, tandis que macOS 27 Golden Gate se limite aux machines Apple Silicon. Rosetta 2 doit également disparaître après macOS 27. La rupture ne sera pas immédiate pour toutes les applications, mais les propriétaires de Mac Intel vont progressivement voir certains logiciels poursuivre leur route sans eux.
La maison connectée revient au centre des projets
Apple semble vouloir donner davantage de cohérence à une gamme domestique longtemps restée en retrait. L’entreprise préparerait un service de sécurité et de surveillance pour le domicile, accompagné d’une caméra et de fonctions d’intelligence artificielle. Le système pourrait analyser son environnement sans dépendre systématiquement d’un enregistrement vidéo, afin de mettre en avant le traitement local et la confidentialité.
Ce projet annoncé pour 2027 s’inscrirait aux côtés d’un hub domotique équipé d’un écran, d’un nouveau HomePod mini et d’une nouvelle Apple TV 4K. Du code découvert dans audioOS 27 montre également qu’Apple teste un système home cinéma utilisant quatre HomePod. La configuration associerait deux enceintes à l’avant et deux à l’arrière, avec calibration automatique de la pièce, synchronisation et gestion adaptée aux films ou à la musique.
Ces fonctions restent expérimentales et leur présence dans le code ne garantit pas leur commercialisation. Elles dessinent néanmoins une stratégie plus ambitieuse : transformer l’Apple TV et les HomePod en véritable plateforme domestique, plutôt qu’en collection d’appareils fonctionnant chacun dans son coin.
Confidentialité, développeurs et nouvelles pressions judiciaires
L’App Tracking Transparency revient devant les tribunaux. Une nouvelle plainte britannique réclame 2 milliards de livres à Apple au nom de développeurs estimant que les règles de suivi publicitaire leur imposent des contraintes plus fortes qu’aux propres applications du groupe.
Apple présente depuis 2021 cette fonction comme une protection importante de la vie privée, puisqu’elle permet à l’utilisateur de refuser le suivi publicitaire entre applications. Ses adversaires considèrent toutefois que cette différence de traitement renforce l’écosystème publicitaire d’Apple. Il s’agit déjà de la troisième procédure britannique consacrée à ce dispositif, également examiné dans plusieurs pays européens.
Apple explore le jeu, CarPlay accueille Claude
La fin de semaine a apporté deux signaux plus légers, mais révélateurs. Du code de macOS 26.7 montre qu’Apple expérimente au moins deux manettes de jeu. Une version fonctionnerait uniquement en USB, tandis qu’un modèle plus évolué ajouterait le Bluetooth, des capteurs de mouvement et un retour haptique. Ces prototypes ne garantissent pas une sortie commerciale, mais ils suggèrent qu’Apple continue de réfléchir à la place du jeu sur Mac et Apple TV.
Dans la voiture, l’intelligence artificielle Claude est maintenant accessible depuis CarPlay. Les échanges se font exclusivement à la voix afin de limiter les distractions. Anthropic rejoint ainsi ChatGPT, Perplexity, Grok et Meta AI, après l’ouverture de CarPlay aux assistants tiers avec iOS 26.4.
Une transition qui dépasse le changement de dirigeant
La nomination de John Ternus fournit un fil conducteur évident, mais l’évolution d’Apple se lit surtout dans l’accumulation des chantiers. L’entreprise doit réussir un iPhone pliable complexe à produire, achever sa rupture avec Intel, mieux structurer ses services domestiques et défendre ses règles de confidentialité sans détériorer ses relations avec les développeurs.
La keynote du 9 septembre donnera le premier aperçu public de cette nouvelle période. Elle ne révélera pas encore la stratégie personnelle du nouveau CEO, puisque les produits annoncés ont été préparés sous Tim Cook. Elle montrera toutefois la qualité de la machine dont il hérite — et, dans le cas de l’iPhone Ultra, si cette machine sait également se plier sans rompre.








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