Apple s’aligne sur Google contre les mesures envisagées par la Commission européenne pour faciliter l’accès des intelligences artificielles concurrentes à certains services sur Android. La firme de Cupertino juge que ce cadre ferait peser des risques directs sur la vie privée, la sécurité, l’intégrité des appareils et leurs performances.

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Apple y voit un précédent pour l’ensemble des plateformes, alors que la Commission européenne cherche à préciser comment le géant de la recherche doit appliquer le Digital Markets Act (DMA).

Dans le viseur de l’UE, l’idée est d’ouvrir davantage les interactions entre des services d’IA concurrents et des applications Android. Les usages peuvent comprendre l’envoi d’e-mails, la commande d’un repas, le partage de photos ou exécuter d’autres actions à travers des applications du quotidien.

Google soutient que cette ouverture affaiblirait des garde-fous essentiels pour les utilisateurs européens. Apple reprend cette ligne et l’élargit à ses propres systèmes d’exploitation, en expliquant avoir un intérêt direct dans le dossier en raison d’iOS sur iPhone, d’iPadOS sur iPad et de macOS sur Mac.

Pour Apple, l’enjeu ne se limite donc pas à la conformité d’une entreprise concurrente au DMA. Le fabricant d’iPhone présente l’affaire comme un test sur la manière dont les plateformes devront, demain, laisser ou non des IA tierces accéder à des fonctions sensibles au sein de leurs systèmes d’exploitation.

Apple accuse l’Europe de modifier un système d’exploitation

Dans sa contribution relayée par Reuters, Apple indique : « Ces projets de mesures soulèvent des préoccupations urgentes et graves. S’ils étaient adoptés, ils feraient peser de lourds risques sur la vie privée, la sécurité et la sûreté des utilisateurs, ainsi que sur l’intégrité et les performances des appareils ».

Apple insiste particulièrement sur le contexte technologique : « Ces risques sont particulièrement graves dans le contexte de l’évolution rapide des systèmes d’IA, dont les capacités, les comportements et les vecteurs de menace restent imprévisibles, comme nous le constatons aujourd’hui à maintes reprises ».

La charge vise aussi la méthode de la Commission européenne. Apple estime que l’UE est en train de « modifier un système d’exploitation » en remplaçant les arbitrages des ingénieurs de Google par ses propres choix techniques après moins de trois mois de travail.

L’entreprise met enfin en cause l’objectif même des mesures examinées. À ses yeux, la logique suivie par la Commission revient surtout à imposer un accès ouvert et sans entrave, au risque de faire passer l’ouverture avant les mécanismes de protection intégrés aux plateformes. « C’est d’autant plus dangereux que la seule valeur qui semble se dégager des directives qui orientent ce travail est celle d’un accès libre et sans restriction », précise Apple.

Pour rappel, Apple a déjà critiqué le DMA dans le passé, au point de demander à l’Europe d’y mettre un terme définitif.