Razer lance la Prio, une manette USB-C conçue pour résoudre l’un des défauts des contrôleurs qui entourent l’iPhone : leur encombrement. Ses deux poignées peuvent pivoter et s’emboîter lorsque l’accessoire n’est pas utilisé. Le résultat pèse 101 grammes et tient plus facilement dans une poche qu’une manette télescopique classique. Le modèle est vendu 110 € sur la boutique française de Razer.
Dépliée, la Prio accueille des smartphones dont l’écran mesure jusqu’à 7 pouces. Razer cite explicitement l’iPhone 17 Pro Max parmi les appareils compatibles et affirme que la plupart des coques peuvent rester en place. La connexion filaire élimine l’appairage Bluetooth et alimente directement la manette, mais l’absence de port USB-C traversant empêche de recharger le téléphone pendant une partie.

Un mécanisme pliable pour jouer sans transporter un sac
La plupart des manettes de type berceau utilisent une structure centrale extensible. Elles offrent une bonne rigidité mais conservent, une fois retirées du téléphone, presque toute leur largeur. La Razer Prio adopte un mouvement différent : chaque moitié tourne vers l’intérieur et les commandes viennent se loger dans le volume de l’autre côté. Les sticks dépassent peu de la coque afin de réduire l’épaisseur une fois l’ensemble refermé.
Cette approche cible les trajets et les courtes sessions. Une manette qui reste au domicile ne sert pas lorsque l’on attend un train ou que l’on souhaite lancer une partie pendant une pause. À 101 grammes, la Prio ajoute moins de poids qu’une manette de salon traditionnelle. Sa véritable réussite dépendra cependant de sa forme repliée, de la résistance des charnières et de la protection offerte aux sticks lorsqu’elle partage une poche avec des clés ou d’autres objets.
Razer annonce une compatibilité avec les iPhone et les téléphones Android équipés d’un port USB-C. Cela exclut de fait les anciens iPhone dotés d’un connecteur Lightning, sauf solution non recommandée avec adaptateur. La limite de 7 pouces couvre les grands modèles actuels, mais l’épaisseur d’une coque particulièrement robuste peut modifier l’ajustement même si sa diagonale d’écran reste conforme.
Apple s’intéresse elle-même à ce format de jeu mobile. Un brevet évoquait récemment une manette magnétique pour iPhone, sans garantir qu’un produit commercial verra le jour. La Prio répond immédiatement au même besoin de commandes physiques, avec une fixation mécanique et une connexion directe plus conventionnelles.

Des commandes complètes, avec des sticks capacitifs inhabituels
La disposition reprend les éléments essentiels d’une manette moderne : croix directionnelle à quatre directions, quatre boutons en façade, deux sticks symétriques, gâchettes et boutons d’épaule. Un bouton ouvre l’application Razer Cortex Mobile, qui rassemble les jeux installés et donne accès aux réglages ainsi qu’aux mises à jour du micrologiciel. L’application elle-même ne réclame pas d’abonnement, même si les jeux et services qu’elle référence peuvent être payants.

Razer insiste sur des boutons silencieux offrant un retour tactile. C’est un choix cohérent pour un accessoire destiné aux transports, où des clics répétés deviennent vite gênants pour les autres voyageurs. Le fabricant qualifie également ses sticks de résistants au drift, mais aucune durée de vie chiffrée ni test indépendant de long terme n’accompagne encore cette promesse.
La principale particularité vient des sticks capacitifs. Au lieu d’un mécanisme cliquable L3 et R3 classique, la surface détecte le contact du pouce. Cette solution aide à loger les commandes dans un boîtier plus fin, mais elle change le geste utilisé dans les jeux. Les actions souvent assignées au clic, comme courir ou s’accroupir, dépendront de la qualité de la détection et des possibilités de configuration. Il faudra surtout vérifier jeu par jeu si le comportement est reconnu comme prévu.
Les vibrations et autres retours haptiques sont absents. La Prio n’essaie donc pas de reproduire toutes les sensations d’une manette de console. Une DualSense reliée à l’iPhone reste plus encombrante mais peut offrir une prise en main plus familière. Le choix oppose ici la richesse des sensations à la mobilité : Razer sacrifie certaines fonctions pour produire un contrôleur qui a davantage de chances d’être emporté.

Jeux iOS, cloud gaming et lecture à distance
Une manette iPhone n’est utile que si le logiciel accepte les commandes physiques. De nombreux titres iOS les prennent en charge, y compris des jeux distribués dans Apple Arcade, mais la compatibilité n’est pas universelle. L’App Store indique généralement la prise en charge d’une manette sur la fiche du jeu. À défaut, brancher la Prio ne transformera pas automatiquement des commandes tactiles en boutons.
L’accessoire vise aussi le streaming. Razer cite Xbox Cloud Gaming, Steam Link, PS Remote Play et sa propre solution de jeu PC à distance. Dans ce scénario, l’iPhone affiche un jeu exécuté sur une console, un ordinateur ou un serveur distant. La connexion USB-C réduit la latence entre la manette et le téléphone, mais la fluidité globale dépend toujours du réseau Wi-Fi ou mobile. Une mauvaise connexion produira des retards et des artefacts que le contrôleur ne peut pas corriger.
Le catalogue mobile devient suffisamment ambitieux pour justifier ce type d’accessoire. Des productions complètes arrivent sur les appareils Apple, tandis qu’Apple Arcade accueille des jeux de plus grande ampleur. L’écran de l’iPhone reste petit par rapport à une console portable dédiée, mais sa puissance et la possibilité de reprendre une partie à distance rendent une manette compacte pertinente pour certains joueurs.
Le prix de 110 € place la Prio face à des modèles plus complets
À 110 €, la nouveauté ne joue pas la carte de l’entrée de gamme. Des contrôleurs télescopiques concurrents proposent parfois une recharge traversante, des sticks cliquables ou une ergonomie plus généreuse pour un tarif voisin. La valeur de la Prio repose donc presque entièrement sur son mécanisme pliable et son faible poids. Pour quelqu’un qui transporte déjà un sac, cet avantage peut ne pas compenser les concessions.
L’absence de recharge traversante est la limite la plus concrète. Le streaming et les jeux 3D sollicitent fortement l’écran, la puce et le réseau de l’iPhone. Lors d’une longue session, il faudra interrompre le jeu pour retirer la manette et brancher le téléphone, ou partir avec une batterie suffisamment pleine. À l’inverse, l’alimentation directe signifie qu’il n’y a pas de batterie supplémentaire à maintenir chargée.
La Prio propose ainsi une réponse cohérente à un problème précis plutôt qu’une manette universellement supérieure. Elle intéressera surtout les joueurs qui utilisent souvent leur iPhone dans les transports et renonçaient jusque-là à emporter un contrôleur. Son format paraît ingénieux, mais les sticks capacitifs, l’absence de vibrations et l’impossibilité de charger en jouant devront être acceptés avant l’achat. Les premiers essais de longue durée diront si la charnière et les commandes résistent suffisamment pour que cette promesse de manette de poche tienne au-delà de la démonstration.








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