Ce qui n’était au départ qu’une enquête ciblée sur un unique suspect a fini par déboucher sur une affaire d’une tout autre ampleur. Au Brésil, des données extraites d’une simple sauvegarde iCloud ont joué un rôle central dans la découverte d’un vaste réseau présumé de blanchiment d’argent, blanchiment évalué à environ 320 millions de dollars. L’affaire a conduit à des dizaines de mandats d’arrêt et de perquisitions.

Du comptable au réseau criminel

L’affaire trouve son origine dans l’arrestation d’un comptable déjà visé dans une autre procédure liée au blanchiment d’argent et au trafic international de drogue. En accédant à sa sauvegarde iCloud dans le cadre de cette première enquête, les autorités brésiliennes auraient mis au jour les contours d’une seconde organisation bien plus large, mêlant paris illégaux, tombolas clandestines, sociétés écrans, prête-noms, cryptomonnaies et transferts à l’étranger. La totale en somme.

iCloud Logo

Cette découverte a déclenché une nouvelle salve d’opérations policières et judiciaires à travers plusieurs États du Brésil, avec des mandats visant non seulement des suspects, mais aussi des comptes cloud supplémentaires et des appareils déjà saisis. Ce dossier tentaculaire a également éclaboussé des personnalités locales, parmi lesquelles des musiciens et des influenceurs cumulant une audience massive sur les réseaux sociaux.

iCloud n’a pas été « piraté » mais réquisitionné

La récupération des données du comptable ne résulte pas d’un piratage iCloud mais d’un accès judiciaire obtenu dans le cadre d’une procédure pénale. Apple, comme d’autres grandes plateformes, répond régulièrement aux demandes légales des autorités lorsque ces dernières respectent les lois et les procédures applicables. Le cloud est alors utilisé comme une source d’archives particulièrement précieuse pour les enquêteurs.

Le cloud conserve plus qu’on ne l’imagine

Cette affaire illustre aussi un point souvent sous-estimé : les sauvegardes automatiques concentrent une quantité considérable d’informations, parfois bien au-delà de ce que leurs utilisateurs imaginent. Messages, fichiers, métadonnées, documents ou éléments contextuels peuvent, une fois recoupés, permettre de cartographier le réseautage complexe qui gravite autour d’un individu.