Apple s’appuie sur la sécurité de l’App Store pour justifier son refus d’ouvrir l’iPhone aux boutiques d’applications tierces et au sideloading. L’entreprise affirme avoir empêché 9 milliards de dollars de transactions frauduleuses, un chiffre qu’elle brandit face aux régulateurs alors qu’un développeur dénonce des fraudes évidentes.

Apple laisse passer des fraudes évidentes sur l’App Store
Le développeur Jeff Johnson, qui propose l’extension StopTheMadness sur Safari, dénonce une fraude qu’il qualifie de généralisée et évidente sur l’App Store, en s’appuyant sur l’exemple de TabControl Extension. Cette application affiche dans sa capture d’écran une note de 4,9 sur 5 qui donne l’impression qu’il s’agit de la note réelle des utilisateurs sur l’App Store, alors qu’Apple a pourtant approuvé cette fiche sans vérifier l’exactitude de ce chiffre.

Pour le développeur, cette négligence est d’autant plus difficile à justifier qu’Apple dispose de tous les moyens techniques pour la détecter. « Apple dispose d’un historique de toutes les notes et avis dans tous les pays, donc ils savent que c’est de la publicité mensongère », indique-t-il, avant d’interroger directement l’utilité du processus de validation des applications : « Si l’examen de l’App Store ne fait pas ce travail, que diable font-ils ? ». Il propose en réponse un examen plus rigoureux, au moins pour les applications qui se hissent dans les meilleurs classements.
Ce cas s’ajoute à une liste d’arnaques déjà documentées sur les plateformes d’Apple, allant d’arnaques ayant généré plusieurs millions de dollars jusqu’à des extensions Safari frauduleuses classées dans le Top 12 du Mac App Store américain. Des clients ont même engagé une action en justice contre Apple le mois dernier après avoir été piégés par un faux portefeuille Bitcoin, tandis que des réseaux organisés en Chine louent des parcs d’iPhone entiers pour générer artificiellement de faux avis positifs.
Apple répond à ces critiques en avançant ce bilan chiffré de 9 milliards de dollars de fraudes évitées, qui sert d’élément à sa défense face aux régulateurs antitrust. Ces derniers réclament l’ouverture de l’iPhone à des boutiques tierces, une ouverture qu’Apple ne concède que lorsque la loi l’y contraint explicitement. C’est notamment le cas en Europe.
Une défense fondée sur la sécurité, pas sur l’argent
Apple insiste sur le fait que sa résistance aux groupes antitrust ne relève pas d’un calcul financier, mais d’une volonté de protéger ses utilisateurs contre les malwares. Cet argument perd toutefois de sa force face aux exemples concrets soulevés par Jeff Johnson et d’autres : une application dont la fiche affiche une fausse note tout en trompant directement les utilisateurs sur sa fiabilité reste validée par le même système d’examen de l’App Store qu’Apple présente comme son rempart de sécurité.









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