Les tensions diplomatiques récentes entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis se traduisent désormais jusque dans les habitudes de consommation numériques. Sur l’App Store danois, plusieurs applications destinées à identifier et éviter les produits américains connaissent une ascension fulgurante, révélant ainsi une mobilisation inédite des consommateurs contre les velléités expansionnistes de Donald Trump.

Des applications de traçabilité en tête des classements

Depuis quelques jours, deux applications iOS dominent les téléchargements au Danemark : NonUSA, également connue sous le nom d’UdenUSA, et Made O’Meter. Selon les données de cabinets spécialisés dans l’analyse des app stores, NonUSA s’est hissée en tête du classement général, tandis que Made O’Meter figure parmi les applications les plus populaires du pays.

non-usa

Le principe est simple : l’utilisateur scanne le code-barres d’un produit pour connaître son origine, sa chaîne de production ou encore son appartenance à un groupe international. Si Made O’Meter se positionne comme un outil d’aide à l’achat centré sur la transparence et la provenance des produits, NonUSA adopte une approche beaucoup plus militante en proposant directement des alternatives locales ou européennes aux marques américaines.

Une réaction numérique à un contexte géopolitique tendu

Cette vague d’installations intervient dans un climat de forte crispation autour du Groenland, un territoire autonome rattaché au Danemark et devenu récemment un enjeu stratégique majeur. Pour de nombreux consommateurs danois, ces applications représentent un moyen concret d’exprimer leur désaccord à travers leurs choix quotidiens, en privilégiant les circuits courts ou les marques nationales.

Groenland

La situation ne manque toutefois pas d’ironie : ces outils sont téléchargés depuis une boutique numérique américaine et utilisés sur des smartphones conçus par une entreprise californienne.

Le smartphone comme nouvel outil de consommation engagée

Cette montée en puissance des applications de boycott illustre une tendance plus large : le recours croissant aux technologies mobiles pour orienter les décisions d’achat en fonction de critères éthiques, géopolitiques ou environnementaux. À l’avenir, ce type d’outil pourrait jouer un rôle de plus en plus structurant dans les relations entre les citoyens et les grandes puissances économiques.

Reste à savoir si cet engouement s’inscrira dans la durée ou s’il s’agit d’un phénomène conjoncturel lié à l’actualité internationale.