Non, votre HomePod ne vous espionne pas quand vous écoutez la radio
Une rumeur alarmiste circule actuellement dans les médias britanniques, accusant les enceintes connectées comme le HomePod d’Apple d’espionner le contenu des radios diffusées pour s’approprier les données d’écoute. The Telegraph affirme que Siri enregistre chaque morceau joué lorsqu’un utilisateur écoute une station, mais la réalité technique et le contexte réglementaire racontent une tout autre histoire.

Une confusion volontaire entre streaming et radio en direct
L’accusation repose sur une mauvaise compréhension (ou une déformation) du fonctionnement des technologies audio. Matt Payton, patron de l’organisme Radiocentre, suggère que les plateformes gatekeepers (Apple et autres) utilisent ces données pour développer des services concurrents. Cependant, si Apple Music ou Spotify enregistrent effectivement vos choix de pistes spécifiques pour leurs algorithmes, ce n’est pas le cas pour la diffusion radio en direct.
Lorsque vous demandez à Siri de jouer une station comme la BBC, l’assistant lance le flux audio sans analyser ni recueillir le contenu diffusé en temps réel. Le système ne note pas que vous avez coupé une émission en cours de route. Cette panique semble être une manœuvre pour influencer l’opinion publique en jouant sur les peurs liées à la confidentialité, rappelant le règlement d’un litige sur les enregistrements Siri par Apple en janvier 2025.
L’enjeu réel : la nouvelle régulation de l’Ofcom pour 2026
Le timing de cette polémique n’est pas anodin. L’Office of Communications (Ofcom) du Royaume-Uni s’apprête à publier un nouveau Code de pratique concernant les enceintes connectées. Ce texte vise à mettre en application le Media Act de 2024, conçu pour combler les vides juridiques post-Brexit et adapter la législation audiovisuelle aux nouvelles technologies.
Les futures obligations pour les fabricants incluront l’obligation de donner accès par commande vocale à toute station de radio britannique qui en fait la demande. aussi, il y aura l’interdiction de rediriger les auditeurs vers des services concurrents (comme Apple Music) lorsqu’ils demandent une radio spécifique. Enfin, il y aura la limitation des annonces vocales qui deviendront une simple identification de la station.
Actuellement, Apple semble déjà se conformer à la plupart de ces exigences, permettant aux utilisateurs britanniques d’accéder sans entrave aux stations de la BBC. Cette agitation médiatique apparaît donc moins comme une révélation de surveillance de masse que comme un levier de négociation à l’approche de l’entrée en vigueur des nouvelles règles.
