Le créateur de l’iPod tacle l’IA d’Apple et estime qu’il aurait fallu poursuivre le projet de voiture
Tony Fadell, figure emblématique d’Apple et souvent surnommé le « père de l’iPod », n’a pas mâché ses mots lors d’une récente interview accordée au podcast Newcomer. Presque vingt ans après son départ de Cupertino, l’ancien designer star est revenu sur l’évolution d’Apple, critiquant vertement la stratégie de la firme américaine autour de l’intelligence artificielle et regrettant l’abandon du projet de voiture autonome.
Apple Intelligence jugée trop « marketing »
Spécialiste des objets connectés depuis la création de Nest, Tony Fadell dit observer l’essor de l’IA avec intérêt, mais aussi scepticisme. « Quand j’ai vu des slogans comme “ordinateur IA-first” ou “smartphone IA-first”, j’étais prêt à poster quelque chose de très agressif », confie l’ex-SVP. « Apple n’a jamais fait de marketing bidon auparavant, et là, c’était exactement ça. »
Selon Fadell, la marque devrait renouer avec sa philosophie historique, soit « Sous-promettre et sur-livrer », plutôt que de surfer sur des effets d’annonce. L’ex-SVP se montre également très critique envers les gadgets concurrents comme l’AI Pin de Humane : « Dès la première réunion, j’ai su que ça n’irait nulle part. Pareil pour le Rabbit R1, je n’ai pas de temps pour ce genre de gadgets. »
Un futur pour l’IA autour du smartphone, pas à sa place
Pour Fadell, l’avenir de l’IA ne passe pas par le remplacement du téléphone, mais par des accessoires complémentaires, comme les bagues connectées, les AirPods équipés de caméras ou même les badges intelligent. « Ces appareils fonctionnent quand votre téléphone est dans votre poche », explique-t-il. « J’espère vraiment qu’Apple travaille sur quelque chose dans ce genre. »
L’abandon de l’Apple Car, une occasion manquée
Sur le projet automobile d’Apple, Tony Fadell est tout aussi tranchant : « La première grosse erreur, ça a été la mobilité, l’Apple Car. » Fadell révèle qu’avec Steve Jobs, dès 2008, ils imaginaient une « voiture du peuple » inspirée de la Volkswagen originelle. « Apple redéfinit les usages : la musique, l’édition, l’informatique personnelle. Elle aurait dû redéfinir la mobilité (automobile) », insiste-t-il, regrettant que le projet se soit orienté vers un SUV autonome plutôt que vers une transformation plus profonde du rapport à l’automobile.
Au-delà de ces critiques, Tony Fadell appelle enfin Apple à renouer avec son ADN d’innovation audacieuse et pragmatique. Un coup d’épée dans l’eau au moment où Cupertino a le nez dans les marges et ne pense qu’à séduire les investisseurs financiers ?
