Apple a écopé de 851 millions de dollars d’amendes en 2025 pour la vie privée et l’antitrust
Apple a vu le montant de ses amendes diminuer de plus de moitié l’année dernière, mais la facture reste salée sur le papier. Selon le Tech Fines Tracker publié par Proton, la firme de Cupertino a accumulé un total de 851 millions de dollars d’amendes en 2025 pour des violations antitrust et des atteintes à la vie privée, contre 2,1 milliards de dollars en 2024.

Le détail des condamnations montre une pression réglementaire constante à travers le monde :
- Février : 3,2 millions de dollars en Corée du Sud pour utilisation illégale de données sans consentement.
- Mars : 150 millions d’euros en France pour non-respect des lois sur la vie privée.
- Avril : 500 millions d’euros infligés par l’Union européene pour infraction aux règles du DMA sur l’App Store.
- Décembre : 98,6 millions d’euros en Italie pour abus de position dominante.
Comme nous pouvons le voir, c’est surtout du côté de l’Europe que les sanctions contre Apple tombent.
Des sanctions perçues comme un simple coût opérationnel
Si ces montants semblent astronomiques, ils sont anecdotiques au regard de la puissance financière d’Apple. Proton a calculé qu’il ne faudrait que 3 jours, 3 heures et 28 minutes à l’entreprise pour rembourser l’intégralité de ces 851 millions de dollars d’amendes grâce à son flux de trésorerie disponible.
Ce constat d’impuissance s’étend à l’ensemble des GAFAM. Google (4,2 milliards de dollars d’amendes), Amazon (2,5 milliards de dollars d’amendes) et Meta (228 millions de dollars d’amendes) continuent d’accumuler les amendes sans modifier leurs pratiques en profondeur. Au total, les 7,8 milliards de dollars réclamés aux géants de la tech en 2025 ne représentent qu’à peine un mois de leurs revenus cumulés.
Romain Digneaux, responsable des politiques publiques chez Proton, tire la sonnette d’alarme : « Clairement, les amendes ne fonctionnent pas ». Il dénonce une stratégie cynique où les géants de la tech intègrent ces sanctions comme un simple coût opérationnel dans leurs budgets prévisionnels. L’exemple d’Apple, qui persiste à contourner ses obligations du DMA malgré la sanction européenne d’avril, illustre selon lui l’urgence de donner aux régulateurs des « dents assez grandes » pour infliger une douleur réelle et forcer le changement.
