L’iPhone du journaliste angolais Teixeira Cândido a été infecté par le logiciel espion (spyware) Predator en mai 2024 après avoir cliqué sur un lien malveillant envoyé via WhatsApp, selon un nouveau rapport publié par Amnesty International. Il s’agit du premier cas documenté d’utilisation de ce logiciel espion gouvernemental en Angola.

iPhone 15 Prise en Main

Predator, un logiciel espion vendu aux États

Teixeira Cândido est un défenseur de la liberté de la presse et ancien secrétaire général du Syndicat des journalistes angolais. Il a été ciblé à plusieurs reprises sur plusieurs mois en 2024 dans un contexte qu’Amnesty décrit comme une répression interne croissante et des « pratiques autoritaires approfondies » dans le pays. Les chercheurs de l’organisation précisent n’avoir aucune preuve permettant d’identifier avec certitude l’auteur du piratage, mais notent que les premiers liens liés à l’Angola ont été mis en place dès mars 2023.

Predator est commercialisé par Intellexa Consortium auprès de gouvernements et d’agences chargées de l’application de la loi, officiellement pour lutter contre la criminalité. Une fois installé sur un appareil, le logiciel espion permet d’accéder aux messages privés, d’enregistrer les appels téléphoniques, de surveiller la localisation et de récupérer les mots de passe, photos et fichiers, selon les documents marketing d’Intellexa.

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Un exemple de lien malveillant reçu par le journaliste sur WhatsApp

Donncha Ó Cearbhaill, responsable du laboratoire de sécurité d’Amnesty, souligne que des abus confirmés de ce logiciel espion ont déjà été documentés en Égypte, au Pakistan et en Grèce. Le cas angolais vient allonger une liste déjà bien établie.

Des sanctions levées au moment le moins opportun

La société Intellexa a été fondée en 2019 par Tal Dilian, un ancien officiel des services de renseignement israéliens. Entre 2023 et 2024, l’administration Biden avait imposé plusieurs séries de sanctions commerciales contre la société et sept personnes associées, dont Tal Dilian, au motif que le logiciel espion avait été utilisé pour cibler des Américains, notamment des fonctionnaires, des journalistes et des experts en politique étrangère.

En décembre, l’administration Trump a levé ces sanctions contre trois des personnes concernées. Cinq sénateurs américains ont réagi en adressant la semaine dernière une lettre à Scott Bessent (secrétaire au Trésor) et Marco Rubio (secrétaire d’État), réclamant une séance d’information pour comprendre la justification de ces retraits de liste. Le rapport d’Amnesty est publié une semaine après l’envoi de cette lettre.