Elon Musk a dénoncé la campagne de recrutement menée par Apple contre Tesla, durant laquelle le fabricant proposait de doubler les salaires sans entretien pour alimenter son défunt projet de voiture électrique. Le milliardaire décrit une offensive comparable à un « tapis de bombes » d’appels téléphoniques, obligeant certains de ses ingénieurs à débrancher leurs lignes pour échapper au harcèlement des recruteurs.

Elon Musk Tim Cook

Ces confidences ont été livrées lors d’une longue interview de trois heures avec le cofondateur de Stripe, John Collison, et le podcasteur Dwarkesh Patel. Si la discussion a balayé des sujets variés comme xAI ou les cartes graphiques pour l’espace, le dirigeant de Tesla s’est attardé sur les défis de gestion des ressources humaines, citant spécifiquement Apple comme l’un des « grands coupables » en matière de récupération de talents. À l’époque où la firme de Cupertino investissait massivement dans son Projet Titan (une initiative à 10 milliards de dollars qui a été finalement abandonnée), Tesla est devenu une cible prioritaire à chaque période de succès commercial.

Apple voulait recruter les ingénieurs de Tesla

La stratégie d’Apple reposait sur une surenchère financière immédiate. Selon Elon Musk, les offres d’ouverture promettaient une rémunération deux fois supérieure à celle de Tesla, formulées avant même que le candidat ne passe le moindre entretien. Cette approche agressive découlait de ce qu’Elon Musk appelle la « poussière de fée Tesla » : la croyance erronée selon laquelle embaucher un cadre du constructeur automobile suffirait à garantir, comme par magie, le succès instantané du projet de voiture électrique d’Apple.

Elon Musk admet être lui-même tombé dans ce piège psychologique en sens inverse. Il confesse avoir cru à cette même « poussière de fée » en recrutant des profils issus de Google ou d’Apple, s’imaginant que leur pedigree assurerait une réussite immédiate au sein de ses propres entreprises. L’expérience lui a finalement prouvé que « les gens sont des gens » et qu’aucune origine professionnelle ne confère de pouvoirs magiques, même si cela n’a pas empêché ses rivaux de continuer à cibler ses équipes sans relâche.