Apple a 50 ans : Mike Markkula, l’homme qui a financé et professionnalisé Apple
Dans le récit populaire d’Apple, les projecteurs restent braqués sur Steve Jobs, Steve Wozniak, ou bien encore sur les CEO John Sculley et Tim Cook. Pourtant, un autre nom mérite une place au premier rang de l’histoire de la marque à la pomme : Mike Markkula. Arrivé chez Apple à la fin de 1976, cet ancien cadre du marketing chez Intel et Fairchild a non seulement injecté les premiers financements importants dans l’entreprise, mais a aussi donné à Apple une véritable colonne vertébrale, soit une stratégie globale, un management et une culture de marque.
Du garage à la crédibilité : l’investissement qui change tout
Markkula découvre l’Apple II dans le garage des deux Steve et se laisse convaincre par la démonstration technique qui lui est présentée. Ce dernier met alors de l’argent personnel sur la table et sécurise même une ligne de crédit auprès de Bank of America, avant d’acter l’incorporation d’Apple Computer le 3 janvier 1977. À partir de là, Apple cesse d’être une géniale intuition bricolée dans un garage et devient une entreprise capable de produire, vendre et convaincre des distributeurs.

Steve Jobs aux côtés de Mike Markkula
Le mémo de 96 mots qui décrit encore Apple
Le même jour, Markkula rédige « The Apple Marketing Philosophy », une note d’une page articulée autour de trois principes : empathie, focus et perception. On y lit cette phrase devenue emblématique : « People do judge a book by its cover ». (trad : les gens jugent un livre à sa couverture) Autrement dit, l’emballage, la présentation et la rigueur de l’exécution font partie intégrante du produit. Cette obsession, des boîtes d’emballage au design des produits en passant par les interfaces, est restée LA signature d’Apple jusqu’à aujourd’hui.
Un dirigeant plus « tech » qu’on ne le croit
Souvent réduit au rôle d’adulte raisonnable, Markkula affirme s’être impliqué aussi par goût du produit. Le second patron d’Apple pousse l’organisation, recrute un nouveau CEO (Michael Scott), puis n’hésite pas à reprendre les commandes quand Apple traverse des turbulences, notamment après les déboires de l’Apple III.
Du Macintosh à Sculley : un rôle décisif… et parfois controversé
Markkula a aussi soutenu les projets les plus emblématiques d’Apple — dont l’idée du Macintosh — et a participé au recrutement de John Sculley… ce qui pour le coup n’était pas le coup du siècle. C’est même Markkula qui choisira Sculley plutôt que Jobs lors de leur affrontement interne (ce qui conduira à l’éviction de Jobs en 1985), un épisode qui marquera durablement l’histoire d’Apple. Markkula quitte finalement l’entreprise en 1997, au moment où le retour de Jobs rebat toutes les cartes.

Encore Steve Jobs et Mike Markkula, devant des rayons remplis de Lisa, l’ancêtre du Macintosh
Malgré cette fin de parcours moins brillante que ses débuts chez Apple, Mike Markkula reste l’un des piliers de la prestigieuse histoire de la firme de Cupertino. Sans lui, Apple serait peut-être (sans doute) restée au stade d’une startup dirigée par de doux rêveurs et idéalistes de la tech… et n’aurait probablement pas survécu face aux mastodontes de cette époque (IBM, HP, pour ne citer qu’eux).
