Apple TV continue de renforcer son catalogue de prestige en s’attaquant à un monument de la satire américaine. La plateforme développe en effet une adaptation du roman Le Bûcher des vanités, l’œuvre culte de Tom Wolfe. Le projet marque une nouvelle collaboration entre Apple et David E. Kelley, l’un des créateurs les plus prolifiques de la série américaine, déjà associé à plusieurs productions majeures du service.

Un roman emblématique des années 1980 revient sous forme de série

Publié sous forme de roman en 1987 après une première publication en feuilleton, Le Bûcher des vanités s’est imposé comme l’un des grands portraits acides de New York à l’ère du triomphe de la finance. Le récit suit Sherman McCoy, golden boy de Wall Street dont l’existence privilégiée commence à s’effondrer après un incident dans le Bronx. À travers ce personnage, Tom Wolfe dissèque avec férocité les élites, les médias, la justice, les tensions raciales et l’obsession du statut social dans l’Amérique urbaine de la fin du XXe siècle.

Tom Hancks et Mélanie Griffith dans Le Bûcher des vanités de Brian de Palma (1990)

Le matériau de départ semble donc particulièrement adapté à une série. Là où le roman déploie une fresque ample et nerveuse, le format série offre sans doute davantage d’espace pour restituer les multiples couches sociales de la société new-yorkaise et ses personnages hauts en couleur.

David E. Kelley apparaît comme un choix logique

David E. Kelley semble un choix assez logique pour l’adaptation du roman culte :  le parcours de Kelley et son appétence pour les récits de pouvoir et les séries où les personnages évoluent dans des systèmes sociaux sous tension en font un candidat quasi idéal pour adapter un texte aussi mordant.

Une revanche possible après l’échec du film de 1990

L’annonce de cette nouvelle série réveille aussi le souvenir de la version cinéma sortie en 1990 (sous la direction de Brian de Palma), adaptation souvent citée comme l’exemple type de l’occasion manquée. Malgré son casting prestigieux, le film n’avait jamais réussi à capturer la violence satirique, la complexité sociale et l’énergie corrosive du roman. Une série pourrait, cette fois, offrir à cette matière littéraire une forme plus juste et plus contemporaine. Espérons.