Alors qu’une partie du secteur prédit régulièrement que l’intelligence artificielle finira par reléguer le smartphone au second plan, Aravind Srinivas, le CEO de Perplexity,  défend une thèse exactement inverse. Pour Srinivas, les progrès rapides de l’IA ne menacent pas l’iPhone, et pourraient au contraire renforcer son rôle au quotidien. Le raisonnement du dirigeant repose sur une idée simple mais convaincante : plus l’IA devient contextuelle et personnelle, plus l’appareil qui concentre déjà l’identité de l’utilisateur, ses données sensibles et les datas de ses usages privés, prendra de la valeur.

L’iPhone comme point d’ancrage de l’IA personnelle

Srinivas l’affirme sans détour : « Le téléphone, l’iPhone, n’est en fait pas du tout perturbé par l’IA. » À ses yeux, l’appareil d’Apple devient au contraire une sorte de « passeport numérique », parce qu’il centralise déjà tout ce dont une IA avancée aura besoin pour devenir vraiment utile : moyens de paiement, identifiants, photos, santé, messages, e-mails et habitudes personnelles (via les datas).

Dans cette hypothèse, l’iPhone n’est donc plus seulement un terminal parmi d’autres mais bien l’infrastructure la plus adaptée pour accueillir des systèmes proactifs capables d’agir au plus près de l’utilisateur.

Apple pourrait profiter de sa maîtrise du matériel et du local

Le dirigeant de Perplexity insiste aussi sur un autre avantage : les puces Apple Silicon. Srinivas considère ces puces comme « l’un de leurs atouts les plus sous-estimés », notamment dans un futur où une partie croissante des tâches d’IA pourrait être exécutée localement. « Si les boucles d’agents commencent à fonctionner en local, cela n’a pas besoin d’être centralisé sur des serveurs », explique le CEO, en évoquant le rôle des des flux liés aux fichiers, apps, messages, e-mails, notes ou photos stockés sur l’appareil.

Un avantage structurel, mais pas encore une victoire sur l’IA

Cette vision n’efface pas pour autant les faiblesses actuelles d’Apple sur les modèles de pointe. Siri reste en retrait face aux meilleurs agents conversationnels du marché, et beaucoup d’utilisateurs s’appuient déjà sur des outils concurrents sur iPhone. Srinivas suggère cependant que l’essentiel pourrait se jouer ailleurs, c’est à dire dans le contrôle du matériel, de la confidentialité et d’une expérience utilisateur contextualisée.