Le nouveau barème européen de l’App Store n’aura pas mis longtemps à provoquer la réaction d’Epic Games. Quelques heures après l’annonce par Apple d’une structure tarifaire simplifiée pour iOS et iPadOS dans l’Union européenne, l’éditeur de Fortnite a vivement contesté ces changements, qu’il considère toujours incompatibles avec le Digital Markets Act (DMA).
Epic Games dénonce de « nouveaux frais parasites »
Apple entend faire évoluer les règles européennes de l’App Store à partir du 1er octobre, avec un système reposant davantage sur des commissions en pourcentage et des conditions commerciales simplifiées. La Commission européenne a accueilli favorablement cette évolution, tout en indiquant qu’elle surveillerait son application.

Epic Games reste pourtant très critique, et ce malgré le feu vert (certes prudent) de la Commission européenne. L’entreprise dénonce de « nouveaux frais parasites qui ne font rien pour ouvrir l’écosystème des applications mobiles à la concurrence ». Selon elle, le DMA doit permettre aux développeurs d’orienter gratuitement leurs utilisateurs vers des offres externes et d’exploiter réellement des boutiques concurrentes. Cette fois le message est clair : Epic Games ne veut rien avoir à payer pour les achats in-apps, une position qui augure mal d’un accord aux États-Unis… où Apple a pourtant le droit légal d’imposer une commission sur ces achats.
Tim Sweeney accuse Apple de contourner l’esprit du DMA
Tim Sweeney estime qu’Apple continue de facturer « illégalement » certaines transactions réalisées en dehors de l’App Store. Le dirigeant reproche également à Cupertino d’imposer des contraintes destinées à rendre les alternatives moins attractives et à conserver les paiements dans son propre écosystème.
Le cœur du désaccord repose donc désormais sur l’interprétation du texte européen. Le DMA impose aux contrôleurs d’accès de laisser les entreprises communiquer gratuitement avec leurs clients et conclure des contrats en dehors de leur plateforme, sans préciser avec la même netteté toutes les commissions indirectes qui pourraient subsister dans ce contexte. Et contrairement à ce que semble indiquer Epic Games, le DMA ne précise pas qu’il ne doit pas y avoir de commissions sur les in-apps.
Cette bataille européenne fait écho au conflit judiciaire entre Apple et Epic Games aux États-Unis, où les deux groupes s’opposent également sur les frais liés aux paiements externes. Malgré les concessions successives d’Apple, une question demeure donc entière : quelle part de la valeur générée sur iOS La firme de Cupertino peut-elle encore légitimement prélever lorsque la transaction s’effectue hors de l’App Store ?









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