L’affaire tourne à la farce : le 4 octobre 2018, Bloomberg publiait un article choc dans lequel la Chine était accusée d’avoir placé des micro-puces espion sur les serveurs de SuperMicro, serveurs utilisés notamment par certaines services en ligne d’Apple. Les affirmations de Bloomberg n’étaient alors appuyées par aucun élément tangible. Dans la foulée de ces pseudos révélations, des experts en sécurité, agences gouvernementales, ainsi qu’un audit indépendant concluait à l’absence de toute micropuce sur les machines de SuperMicro.

puce espion chinoise

2 ans 1/2 plus tard, et malgré ce qui apparait comme un énorme bug dans le traitement de l’info chez Bloomberg, le site d’info remet le couvert en réitérant ses accusations. On pouvait espérer que cette fois, de nouvelles pièces soient versées au dossier… mais non. Bloomberg se contente de citer de nouvelles sources (qui ne valident jamais directement la présence des micro-puces), sans aucun élément matériel permettant de corroborer le nouveau récit :

« En 2010, le département américain de la Défense a trouvé des milliers de ses serveurs informatiques envoyant des données de réseau militaire vers la Chine – résultat d’un code caché dans des puces qui géraient le processus de démarrage des machines.

En 2014, Intel Corp. a découvert qu’un groupe de piratage chinois d’élite avait violé son réseau via un serveur unique qui téléchargeait des logiciels malveillants à partir du site de mise à jour d’un fournisseur.

Et en 2015, le Federal Bureau of Investigation (FBI) a averti plusieurs entreprises que des agents chinois avaient dissimulé une puce supplémentaire chargée d’un code de porte dérobée dans les serveurs d’un fabricant.

Chacune de ces attaques distinctes avait deux choses en commun: la Chine et Super Micro Computer Inc., un fabricant de matériel informatique à San Jose, en Californie ».

Le contexte de guerre économique sino-américaine pourrait certes expliquer le parti pris de Bloomberg, au risque de perdre en crédibilité en terme d’éthique journalistique, mais il faut croire que l’attrait d’un gros titre bien saignant reste plus fort que tout…