D’ici les prochains jours, les membres du Congrès américain devraient avoir à se prononcer sur un nouveau projet de loi anti-trust. S’il était voté, ce projet de loi pourrait bannir les services et apps préinstallées dans les smartphones ou tout au moins permettre une désinstallation complète de ces apps ou services.

Face à cette menace, Apple et d’autres géants de la tech américaine ont lancé une vaste campagne de lobbying. Cette campagne prend la forme d’entités et d’organisations à but non lucratifs qui prêchent la bonne parole des écosystèmes tout-en-un. TechNet, la Consumer Technology Alliance, ainsi que l’Information Technology and Innovation Foundation, tout « connectés » à Apple de près ou de loin, ont envoyé conjointement une missive de protestation au Comité Judiciaire de la Chambre.

justice

La petite bafouille contient notamment cette perle : « À un moment où les électeurs se tournent vers le Congrès pour relever les défis les plus urgents du pays, il semble difficile de croire que le Congrès est plutôt sur le point d’interdire Amazon Prime et Amazon Basics ; d’interdire la pré-installation d’iMessage et de FaceTime sur les iPhones , et d’interdire à Google d’inclure Google Maps dans ses résultats de recherche ». Plus loin encore :« Nous pensons que les électeurs souhaitent que le Congrès répare les choses qui sont cassées – pas de casser ou d’interdire des choses qui fonctionnent bien selon eux ».

Les GAFA réagissent donc dans ce dossier comme s’il y avait vraiment le feu au lac ; mais est-ce réellement le cas ? De nombreux analystes juridiques estiment en effet qu’au pire, les GAFA pourraient être obligés de désolidariser certains services et apps du noyau de l’OS ou de leur code. L’utilisateur aurait  in fine la possibilité de retirer les apps qui ne lui conviennent pas, y compris celles qui sont préinstallées par défaut par le fabricant. On serait donc assez loin du « démembrement » radical des écosystèmes logiciels…