Les grandes manœuvres ont commencé : Apple a signé un partenariat avec l’Université d’État du Michigan (MSU) pour bâtir une académie (unité de formation) destinée aux petits et moyens fabricants, une initiative qui s’inscrit dans les efforts plus larges de l’entreprise pour investir dans la production sur le sol américain. Ce nouveau « coup » stratégique de la firme de Cupertino suit de peu l’accord passé avec le fabricant de puces Amkor et des projets de sourcing de composants dans des installations situées en Arizona et au Texas. L’académie s’aligne en outre avec des programmes fédéraux comme la loi CHIPS and Science, qui se fixe pour objectif de ramener aux États-Unis la fabrication de haute technologie. A noter que malgré ce renforcement certain de sa supply chain américaine d’Apple, la firme californienne reste encore largement dépendante de la production à l’étranger pour la majorité de la production de composants, notamment en Chine, en Inde et au Vietnam.

Rendu 3D de la future Académie Apple

Le programme mis en place avec l’Université du Michigan promet d’aider les petits fabricants à accéder à des technologies avancées telles que l’IA, sans pour autant limiter totalement les difficultés, comme le déplacement d’emplois (notamment pour les travailleurs peu qualifiés), la mise en place d’une infrastructure numérique, etc.. Bien que l’académie soit située à Detroit, son impact pourrait être limité pour les entreprises des zones rurales dépourvues d’équipements informatiques modernes ou d’une connexion Internet à haut débit. En outre,  bien que le MSU bénéficie de ses nouvelles connexions avec la recherche d’Apple, ce partenariat soulève des questions sur le rôle des universités publiques dans le développement d’une main-d’œuvre « taillée » pour les entreprises privées.