Pénurie de RAM : Apple envisage des fournisseurs en Chine
Apple explore des partenariats avec YMTC (Yangtze Memory Technologies) et CXMT (Changxin Memory Technologies) pour sécuriser ses approvisionnements en RAM et en stockage NAND. La démarche intervient dans un contexte de pénurie et de forte hausse des prix, aggravées par la course mondiale à l’intelligence artificielle.

Apple s’approvisionne aujourd’hui en RAM à environ 60 % chez Samsung, le reste étant partagé entre SK Hynix et Micron. Côté NAND, Samsung, SK Hynix et Kioxia fournissent l’essentiel. Mais la situation se tend : Kioxia a proposé ses conditions de livraison au double des prix du trimestre précédent, en imposant des renégociations trimestrielles qui compliquent la planification des coûts. Apple a sécurisé le stockage NAND jusqu’au premier trimestre 2026 et sa RAM jusqu’à mi-2026 seulement, ce qui en fait une urgence à court terme.
La cause est la suivante : Samsung, SK Hynix et Micron ont massivement redirigé leurs capacités de production vers la mémoire HBM (mémoire à large bande passante), indispensable aux accélérateurs IA et nettement plus rentable, au détriment de la RAM et de la NAND conventionnelles. Samsung et SK Hynix ont tous deux prévenu leurs clients que cette tension d’approvisionnement devrait persister jusqu’en 2027.
YMTC et CXMT pour dépanner Apple ?
C’est dans cette brèche que les fabricants chinois cherchent à s’imposer. CXMT prépare une nouvelle usine à Shanghai dont la surface serait deux à trois fois supérieure à son site principal de Hefei, avec une production en volume visée pour 2027. Le fabricant développe également des mémoires HBM3 et a déjà livré des échantillons à des clients IA domestiques, dont Huawei. YMTC, traditionnellement spécialisé en NAND, construit un troisième site à Wuhan, dont la moitié de la production sera dédiée à la RAM. C’est un changement de positionnement significatif. HP, Dell, Acer et Asus qualifient déjà CXMT pour leurs produits.
Apple avait déjà tenté ce rapprochement en 2022, en envisageant d’utiliser les composants de YMTC pour l’iPhone 14, d’abord uniquement pour le marché chinois, puis potentiellement jusqu’à 40 % de son approvisionnement mondial en NAND. Apple avait finalement abandonné ce projet sous la pression des contrôles à l’exportation américains renforcés.
Quatre ans plus tard, le contexte réglementaire a légèrement évolué : le Pentagone a retiré YMTC et CXMT de sa liste de restrictions. Mais les risques géopolitiques, de conformité et de compatibilité au niveau du matériel demeurent. Si les prix de la RAM et de la NAND continuent leur hausse, Apple devra choisir entre limiter ses marges ou ajuster les prix de l’iPhone 18. Il s’agit d’une pression que Tim Cook a reconnu indirectement lors de la dernière présentation de résultats financiers, en affirmant avoir sécurisé les composants nécessaires.
