Le départ de John Giannandrea est entré en quelque sorte dans sa phase finale. Recruté en 2018 en provenance de Google pour renforcer les ambitions d’Apple en intelligence artificielle, l’ancien patron de la stratégie machine learning de la firme californienne serait désormais tout près de quitter définitivement Apple Park. Son rôle, considérablement réduit depuis de longs mois, ne ressemblait déjà plus qu’à une fonction de transition et de conseil, alors qu’Apple a peu à peu redistribué les leviers clés de son développement IA à d’autres dirigeants.

Une sortie progressive après le retard d’Apple sur l’IA générative

Le recul de Giannandrea ne s’est pas fait en une seule étape. D’abord présenté comme l’homme capable de donner une nouvelle ampleur à Siri, à l’apprentissage automatique et aux futures briques d’intelligence d’Apple, Giannandrea a vu son influence se réduire à mesure que l’entreprise prenait du retard dans la course à l’IA générative. Le moment charnière est intervenu lorsque la responsabilité de Siri lui a été retirée au profit de Mike Rockwell, ce dernier devant alors directement rendre des comptes à Craig Federighi.

Cette réorganisation n’a pas seulement concerné l’assistant vocal. Au fil du temps, d’autres pans essentiels de la stratégie IA d’Apple ont été redirigés vers des figures plus proches des équipes produit, du logiciel ou des services. Ce mouvement a progressivement vidé la fonction de Giannandrea de sa substance opérationnelle.

Un départ qui symbolise le changement de méthode chez Apple

La sortie attendue de Giannandrea illustre surtout un basculement dans la manière dont Apple entend piloter l’intelligence artificielle. Plutôt que de laisser ce chantier à une structure séparée ou à une personnalité extérieure recrutée pour son expertise, la firme semble vouloir recentrer le pouvoir autour de responsables maison plus directement connectés aux cycles produits et à l’écosystème d’Apple.

Un héritage moins visible qu’il n’y paraît

Pour autant, son passage chez Apple ne peut pas être résumé à un simple échec. Une partie des fondations techniques qui soutiennent aujourd’hui les ambitions IA du groupe a été bâtie sous sa supervision. Mais à l’heure où Apple cherche à accélérer et à corriger ses faux départs, l’entreprise semble avoir choisi une autre façon de participer à SA course à l’IA, la firme de Cupertino n’étant jamais aussi fort que lorsqu’elle suit ses propres règles sans tomber dans la copie carbone des concurrents

Ce départ attendu referme ainsi un chapitre important de l’histoire récente d’Apple. Il dit moins la fin de l’IA chez Apple que la fin d’une certaine manière de l’organiser. Et dans une entreprise où les changements de gouvernance sont rarement anodins, ce glissement en dit long sur l’urgence ressentie à Cupertino pour reprendre la main sur son avenir dans l’intelligence artificielle.