Le président de la Federal Trade Commission (FTC) aux États-Unis, Andrew Ferguson, a adressé une lettre à Tim Cook, le patron d’Apple, au sujet d’accusations selon lesquelles Apple News aurait un biais politique en mettant en avant des médias perçus comme de gauche et réduirait la visibilité de titres conservateurs. Il y a un risque juridique si ces pratiques contredisent les règles d’Apple ou les attentes raisonnables des utilisateurs. Cela se base sur cette étude.

Apple News

Le choix des médias par Apple News dérange

Andrew Ferguson écrit que la FTC n’a pas l’autorité pour obliger Apple (ou une autre entreprise) à adopter une position politique ni à choisir l’actualité selon une idéologie. En revanche, il soutient que si les pratiques d’Apple sont incohérentes avec ses propres règles ou avec ce que les utilisateurs peuvent raisonnablement attendre, elles pourraient violer le FTC Act. Il renvoie notamment à la section 5 du FTC Act qui interdit les pratiques déloyales ou trompeuses, et rappelle qu’une représentation est trompeuse si elle est importante et susceptible d’induire les utilisateurs en erreur.

Dans sa lettre, le président de la FTC affirme que « plusieurs études ont constaté que, ces derniers mois, Apple News a choisi de ne pas mettre en avant un seul article provenant d’une source américaine à orientation conservatrice, tout en promouvant simultanément des centaines d’articles de publications libérales ». Le courrier s’appuie sur l’idée que de tels écarts, s’ils existent, posent une question de cohérence entre le service rendu et ce qu’Apple dit offrir aux utilisateurs d’Apple News. Il y a aussi le fonctionnement général du service. Apple News agrège des articles (presse, magazines et articles en ligne) et sélectionne des contenus dans un fil d’actualité.

La lettre trace un seuil : si Apple affirme une chose (dans ses termes ou son marketing) mais organise en pratique son fil d’actualité d’une manière incompatible avec les engagements, le débat sort de la simple polémique et entre dans le champ de la conformité.

Un courrier aussi politique que réglementaire

Andrew Ferguson a déjà cherché à mobiliser l’antitrust et la protection des consommateurs pour traiter des sujets portés par une partie du camp conservateur, notamment l’idée d’une censure en ligne. Il avait aussi évoqué l’an dernier la possibilité d’examiner si des plateformes ont trompé leurs utilisateurs ou ont étouffé des expressions conservatrices, et si des annonceurs s’étaient coordonnés pour retirer des budgets de plateformes comme X (ex‑Twitter) pour des questions de contenus.