Anthropic classé comme « risque pour la supply chain » aux US : Apple et d’autres géants de la tech ne sont pas d’accord
La récente décision du gouvernement américain de qualifier la société d’intelligence artificielle Anthropic de « risque pour la chaîne d’approvisionnement » suscite une vive réaction dans la Silicon Valley. Plusieurs grandes entreprises technologiques, dont Apple, Google, Microsoft ou Nvidia, ont exprimé leurs préoccupations auprès du département de la Défense des États-Unis.
Ces sociétés sont regroupées au sein de l’Information Technology Industry Council (ITIC), une organisation représentant une large partie du secteur numérique. Dans une lettre adressée aux autorités américaines, l’ITIC met en garde contre les conséquences d’un usage potentiellement arbitraire de ce type de désignation, habituellement réservé à des entités étrangères considérées comme une menace pour les infrastructures nationales.
Un différend autour de l’usage de l’intelligence artificielle
Le refus d’Anthropic à certaines demandes du gouvernement
La situation actuelle trouve son origine dans le refus d’Anthropic d’accorder au gouvernement un accès illimité à ses outils d’intelligence artificielle. Cette position, motivée par des considérations éthiques liées notamment aux armes autonomes et à la surveillance de masse, a entraîné une réaction politique immédiate, soit l’interdiction d’utiliser l’assistant Claude au sein des organismes publics.

Pour l’ITIC, cette mesure pourrait créer un précédent inquiétant : « Nous sommes préoccupés par les récents rapports selon lesquels le Département de la Guerre envisagerait d’imposer une désignation de risque pour la chaîne d’approvisionnement en réponse à un différend lié à un marché public. » Si la qualification de risque pour la chaîne d’approvisionnement venait à être utilisée comme moyen de pression dans des différends contractuels, nul doute alors que les relations entre l’État et les entreprises technologiques américaines seraient grandement fragilisées.
Des conséquences possibles sur les contrats publics
De nombreuses entreprises membres de l’ITIC développent aujourd’hui des solutions d’IA susceptibles d’être déployées par les administrations et les institutions militaires. Or, l’intégration de technologies liées à Anthropic pourrait devenir problématique dans le cadre de futurs appels d’offres gouvernementaux.
Parallèlement, d’autres acteurs tentent déjà de combler le vide laissé par Anthropic. OpenAI s’est rapidement positionné pour proposer ses services aux autorités américaines, tandis que d’autres initiatives émergent dans l’écosystème de l’IA.
