App Tracking Transparency : en Allemagne, éditeurs et publicitaires relancent l’offensive antitrust contre Apple
Le bras de fer autour de l’App Tracking Transparency (ATT) d’Apple reprend de plus belle en Allemagne. Des organisations représentant des éditeurs, des agences et des acteurs de la publicité numérique demandent au Bundeskartellamt (l’autorité fédérale de la concurrence) de durcir sa position, estimant que les ajustements proposés par Apple ne corrigent pas les déséquilibres du marché publicitaire mobile.
Des changements jugés insuffisants
Au cœur du débat : la fenêtre de consentement ATT, qui impose aux applications de demander l’accord de l’utilisateur avant tout suivi publicitaire inter-apps. Apple aurait proposé une formulation plus neutre des invites et un processus simplifié pour les développeurs souhaitant solliciter l’accès à certaines données à des fins publicitaires. Mais les plaignants reprochent à la firme de ne pas modifier un point jugé central : la mesure de performance publicitaire qui resterait possible sans opt-in explicite, ce qui, selon eux, avantagerait Apple sur sa propre plateforme.

« Apple resterait le gardien des données »
La crainte d’un déséquilibre structurel
Dans une lettre adressée aux autorités, Bernd Nauen, dirigeant de la fédération allemande de la publicité, résume l’accusation : « Les engagements proposés ne changeraient pas les effets négatifs du cadre App Tracking Transparency. Apple resterait le gardien des données et continuerait de décider qui a accès aux données pertinentes pour la publicité et comment les entreprises peuvent communiquer avec leurs clients finaux. »
Apple défend un outil de contrôle pour les utilisateurs
De son côté, Apple maintient que l’ATT relève d’une logique de protection. La firme de Cupertino rappelle que « la vie privée est un droit humain fondamental » et présente l’ATT comme un moyen simple de laisser chacun décider si une app peut suivre son activité sur d’autres services.
Le dossier allemand pourrait bien rebattre les règles sur le vieux continent : selon l’issue de l’enquête, Apple s’expose à des sanctions financières et, surtout, à une remise en question de la manière dont la publicité et l’attribution fonctionnent sur iOS en Europe.
