Apple fait face à une nouvelle tension sociale aux États-Unis. Le syndicat IAM, qui représente les salariés du magasin Apple de Towson dans le Maryland, a annoncé le dépôt d’une plainte pour pratique déloyale de travail auprès du National Labor Relations Board. En cause : la manière dont Apple gère la fermeture de cette boutique, qui est la première enseigne du groupe à s’être syndiquée sur le sol américain.

Le point de friction : le transfert des salariés

Apple prévoit de fermer en juin trois magasins américains, dont celui de Towson Town Center. Pour les deux autres points de vente non syndiqués, les salariés doivent être redéployés vers d’autres boutiques. À Towson, en revanche, Apple affirme que l’accord collectif ne permet pas un transfert automatique et explique que les employés devront postuler de nouveau sur des postes ouverts au sein du groupe.

Apple syndicat

Le syndicat conteste frontalement cette lecture de la situation. Le président  du syndicat, Brian Bryant, dénonce une inégalité de traitement : « Apple refuse aux salariés représentés par un syndicat les mêmes opportunités qu’elle accorde aux autres — et le fait parce que ces travailleurs ont choisi de s’organiser. » Pour le dirigeant, il s’agit clairement d’une discrimination contraire au droit fédéral du travail.

Une fermeture hautement symbolique

Le dossier dépasse largement la seule question des ressources humaines : Towson est un lieu hautement symbolique pour Apple, puisqu’il s’agit du premier magasin américain à avoir voté en faveur d’une syndicalisation en 2022. Sa fermeture intervient dans un contexte déjà sensible, alors que le groupe cherche à contenir l’essor des mouvements syndicaux dans son réseau de distribution.

Apple invoque le contexte commercial du centre commercial

De son côté, la firme de Cupertino justifie cette décision par le déclin du centre commercial, marqué par la fermeture progressive de plusieurs enseignes et une baisse de fréquentation. Mais pour l’IAM, cet argument ne suffit pas à expliquer pourquoi seuls les salariés syndiqués se voient privés d’un transfert garanti.

Cette plainte pourrait donc devenir un nouveau test important pour Apple sur le terrain social. Au-delà du sort des employés de Towson, l’affaire pose une question simple mais politiquement lourde de sens : un géant de la tech comme Apple peut-il traiter différemment des salariés au moment d’une fermeture dès lors que ces derniers sont couverts par un syndicat ? Si le régulateur estime que la réponse à cette question est négative, Apple pourrait se retrouver de nouveau à devoir gérer un bien mauvais bad buzz…