FaceTime : Apple est attaqué en justice pour violation de brevet avec la correction du regard
EyesMatch a déposé une plainte contre Apple devant la Juridiction unifiée du brevet, accusant la firme de violer le brevet européen EP2936439 avec FaceTime. Simultanément, cette entité, souvent qualifiée de « patent troll », a lancé une procédure identique contre Nvidia pour les mêmes motifs de propriété intellectuelle.

Une technologie de modification du regard au cœur du litige
Le brevet incriminé couvre des techniques de traitement d’image en temps réel. Si ce document évoque des applications comme les miroirs à maquillage numérique, il décrit surtout un procédé permettant d’ajuster l’apparence des yeux d’un utilisateur. L’objectif technique est de modifier l’image capturée par la caméra pour donner l’illusion que la personne regarde droit devant elle, simulant un contact visuel direct, plutôt que de regarder son écran vers le bas.
C’est précisément cette mécanique qu’EyesMatch reproche à Apple d’exploiter sans autorisation. Le fabricant a proposé une fonctionnalité similaire, baptisée « Contact visuel », il y a quelques années avec une mise à jour d’iOS. Grâce à la réalité augmentée, FaceTime rectifie la ligne de regard des participants pour créer une connexion plus naturelle. Bien que l’Apple Vision Pro utilise aussi le suivi oculaire, la plainte se concentre sur FaceTime qui constitue la correspondance la plus flagrante avec le brevet valide jusqu’en décembre 2033.

Samsung et Microsoft ont déjà cédé face aux pressions
EyesMatch dispose d’un historique devant les tribunaux sur ce dossier précis. En mai 2025, l’entreprise s’est attaquée à Samsung, obtenant un accord de licence mondial après qu’une injonction a été prononcée au Brésil. Le scénario s’est répété avec Microsoft en juin 2025 : face aux poursuites européennes, la société derrière Windows a préféré transiger. Une procédure est également en cours contre Google, dont l’issue reste pour l’instant indéterminée.
Ce patent troll détient un large portefeuille d’inventions datant de la fin des années 2000 et du début des années 2010. Ses titres de propriété couvrent l’extraction d’objets, la réalité augmentée et les miroirs virtuels. Le brevet EP2936439 a été déposé en 2013 et a été accordé officiellement en février 2020.
Vers un accord amiable pour éviter le blocage ?
La menace est sérieuse pour Apple car le brevet est enregistré dans dix pays européens, dont la France, l’Allemagne et l’Italie. Le risque de voir ses produits bloqués par une injonction dans ces marchés clés pourrait inciter le fabricant d’iPhone à négocier rapidement plutôt que d’aller au procès.
L’option du règlement à l’amiable semble d’autant plus probable qu’elle pourrait s’avérer économiquement intéressante. Lors de l’affaire Microsoft, le montant du litige mentionné dans l’ordonnance du tribunal s’élevait à 2 millions d’euros. Même si le coût final de la licence mondiale a probablement dépassé ce chiffre, la somme reste modeste pour une entreprise de l’envergure d’Apple, qui pourrait choisir d’économiser du temps et de l’énergie.
