AirTag 2 : le haut-parleur reste trop simple à neutraliser, malgré les promesses de sécurité d’Apple
Apple a beau avoir musclé la fiche technique de l’AirTag 2, une vieille polémique refait surface à peine le produit arrivé en magasin : la possibilité de rendre le traqueur silencieux. Alors que la première génération avait déjà été détournée à des fins de pistage, la seconde était attendue au tournant sur ce point précis. Or, les premiers démontages indépendants indiquent qu’il demeure possible de neutraliser l’émission sonore sans empêcher l’AirTag de fonctionner… et sans forcément devoir tout casser.

Un haut-parleur plus puissant, mais pas réellement inviolable
Sur le papier, Apple met en avant un haut-parleur plus audible, présenté comme environ 50 % plus puissant. L’objectif est double : faciliter la recherche d’un objet égaré et décourager les usages abusifs, puisqu’un AirTag non associé à votre compte est censé finir par se signaler par une alerte et une sonnerie.
Dans la pratique, le gain de volume ne règle pas la question centrale : si le haut-parleur peut être désactivé, le principal garde-fou physique perd une partie de son intérêt. Les démontages publiés ces derniers jours montrent que le module sonore est mieux fixé qu’auparavant, mais reste relié à la carte électronique par une connexion relativement simple. En clair, il ne s’agit pas seulement de retirer un composant : il suffirait de couper la liaison entre le haut-parleur et la carte mère (par dessoudage ou sectionnement) pour le rendre inopérant, tout en conservant les fonctions de suivi.
Ce que révèle le démontage : la modification la plus efficace n’est pas forcément la plus spectaculaire
Sur la première génération, certains contournements consistaient à retirer le haut-parleur lui-même, opération que l’on pouvait réaliser avec des outils accessibles. Avec l’AirTag 2, l’ensemble semble davantage verrouillé mécaniquement. Mais la solution la plus directe, d’après les analyses publiées, consiste à s’attaquer à la liaison électrique qui alimente la bobine du haut-parleur. Une intervention courte, discrète, et qui contourne l’intention initiale d’Apple : rendre l’appareil bruyant lorsqu’il suit un utilisateur qui n’en est pas le propriétaire.
Pourquoi un AirTag muet reste un problème, même en 2026
Apple n’a jamais positionné l’AirTag comme un outil de suivi de personnes. La marque rappelle régulièrement que son écosystème Localiser repose sur un chiffrement de bout en bout et que l’accessoire vise d’abord les objets. Mais l’historique est lourd : la première génération a été associée à des cas de harcèlement et de pistage, et le marché des AirTags modifiés a longtemps prospéré.
Le cœur du risque est connu : un traqueur silencieux diminue les chances qu’une personne repère rapidement qu’elle est suivie. Même si des alertes logicielles existent, elles ne couvrent pas tous les scénarios, notamment lorsque la victime n’a pas le bon appareil, n’a pas activé les bons réglages, ou découvre l’alerte tardivement. De plus, certains environnements (transports, lieux bruyants, événements) rendent une sonnerie moins détectable… et la suppression du son fait sauter ce dernier filet de sécurité.
Des protections logicielles renforcées, mais dépendantes du contexte
Apple met en avant une “suite” de protections contre le suivi non désiré, avec notamment des alertes multiplateformes et des identifiants Bluetooth qui changent fréquemment pour limiter certaines formes d’abus. L’approche est pertinente sur le plan théorique : mieux détecter un traqueur inconnu, alerter plus vite et de façon plus universelle, et compliquer les tentatives de contournement par simple observation des signaux.
Le problème, c’est qu’une sécurité principalement logicielle dépend de facteurs externes : compatibilité des appareils, mise à jour du système, activation des fonctions, comportement de l’utilisateur, et délais avant déclenchement des alertes. Dans ce cadre, le haut-parleur joue un rôle de sécurité passive : il ne nécessite ni configuration ni vigilance particulière. C’est précisément ce rôle qui est fragilisé si l’AirTag 2 peut, lui aussi, être rendu muet sans perdre ses capacités de localisation.
AirTag 2 : meilleure portée et nouvelle électronique interne
Au-delà de la controverse, l’AirTag 2 apporte des évolutions matérielles notables. La localisation précise (Precision Finding) gagne en efficacité grâce à une puce Ultra Wideband de nouvelle génération, souvent associée à l’appellation U2. Dans les usages, l’idée est de guider l’utilisateur avec un mélange d’indications visuelles, sonores et haptiques pour retrouver un objet à proximité.
Les chiffres avancés autour de la portée témoignent d’une progression : l’AirTag 2 viserait jusqu’à environ 15 mètres en intérieur et 45 mètres en extérieur, contre environ 10 mètres et 30 mètres sur la génération précédente, selon les conditions. Apple évoque également une portée Bluetooth améliorée, ce qui peut aider à détecter l’AirTag plus tôt avant de basculer sur la recherche ultra précise.
Un choix de puce Bluetooth qui en dit long
Les démontages orientés silicium mettent aussi en lumière des composants plus modernes. L’AirTag 2 s’appuie notamment sur une puce Bluetooth de Nordic Semiconductor, la nRF52840, connue pour ses capacités BLE et ses ressources mémoire supérieures à certains contrôleurs plus anciens. Ce type d’évolution peut contribuer à une meilleure portée, à une consommation mieux maîtrisée et à une base plus confortable pour les évolutions firmware.
Le tout confirme un point : à l’intérieur d’un accessoire vendu relativement “abordable” pour l’univers Apple, l’ingénierie reste dense, avec une superposition de couches (antenne UWB, électronique, capteurs) optimisée au millimètre.
Entre progrès techniques et angle mort sécuritaire
L’AirTag 2 illustre bien la tension permanente entre miniaturisation, coût, facilité de réparation et exigences de sécurité. Apple améliore la portée, modernise l’électronique et étoffe ses garde-fous logiciels. Mais si la neutralisation du haut-parleur reste à portée d’une manipulation relativement simple, la marque s’expose à une critique tenace : celle d’avoir optimisé l’expérience utilisateur sans verrouiller suffisamment le scénario le plus sensible. La suite dépendra autant d’éventuelles révisions matérielles que d’un durcissement logiciel, car dans le monde réel, la confiance se joue souvent sur ce que l’on ne voit pas… et sur ce que l’on n’entend plus.
l’aritag 2 estd iponible au prix de 35€ sur Amazon (ou 119€ en pack de 4).
