Des sénateurs américains des deux partis démocrate et républicain exigent qu’Apple renonce à ses projets d’achat de RAM auprès de deux fabricants chinois, CXMT et YMTC, avant une échéance fixée au 21 août. Cette demande, relayée par Bloomberg, intervient alors qu’Apple négocie actuellement avec ces deux entreprises et cherche l’aval de l’administration Trump pour concrétiser cet approvisionnement.

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Des négociations déjà bien avancées chez Apple

L’appel, rédigé par les sénateurs Jim Banks (républicain de l’Indiana) et Chuck Schumer (démocrate de New York), demande à Apple de s’engager formellement à abandonner ces fournisseurs chinois avant la date butoir. Les sénateurs justifient cette pression en rappelant que CXMT et YMTC figurent toutes deux sur la liste des entreprises militaires chinoises désignées par le Pentagone, un statut qui, selon eux, rend leur intégration dans la chaîne d’approvisionnement d’Apple particulièrement problématique sur le plan de la sécurité nationale.

Apple a déjà entamé des négociations avec CXMT et YMTC, et procède actuellement à des tests sur les puces mémoire produites par CXMT, tout en sollicitant l’aval de l’administration Trump pour valider cet approvisionnement. Ce projet n’est pas totalement inédit : Apple avait déjà exploré l’achat de puces auprès de YMTC en 2022 pour des iPhone destinés à la Chine, avant d’abandonner l’initiative sous la pression des législateurs et face au durcissement des contrôles à l’exportation cette même année. Marco Rubio, qui était le vice-président de la commission du renseignement du Sénat américain, avait alors accusé Apple de « jouer avec le feu » en envisageant ce type de partenariat.

Les sénateurs redoutent également un effet boule de neige au-delà du cas d’Apple. Ils estiment qu’une restriction initiale limitant la RAM de CXMT aux produits vendus uniquement en Chine serait difficile à maintenir dans la durée car un composant une fois qualifié pour la production d’Apple devient ensuite une simple « décision d’approvisionnement » susceptible d’être étendue au reste du monde. Cette crainte s’accompagne d’une inquiétude plus large : que d’autres entreprises américaines soient tentées de suivre l’exemple d’Apple, entraînant une dépendance croissante de l’industrie technologique américaine envers un fournisseur considéré comme un adversaire stratégique.

Un flou juridique qui n’empêche pas les risques politiques

Sur le plan strictement légal, Apple n’est pas tenu d’obtenir l’approbation du gouvernement américain pour acheter des puces auprès de CXMT et YMTC, aucune obligation ne l’y contraignant formellement. Les sénateurs ont toutefois demandé des précisions sur les informations techniques qu’Apple aurait déjà partagées avec CXMT, un transfert qui pourrait nécessiter une licence du département du Commerce s’il concerne des données technologiques contrôlées liées à la fabrication de puces en Chine. Se passer du soutien politique de l’administration pourrait ainsi exposer Apple à des répercussions significatives, même en l’absence de toute obligation légale formelle.