Apple Music s’attaque aux faux streams en doublant les pénalités
Apple a doublé les pénalités financières infligées aux fraudeurs d’écoutes en streaming sur Apple Music, portant le plafond des sanctions de 25 % à 50 % des revenus frauduleux. Ce durcissement, effectif dès ce mois-ci, intervient après qu’Apple a détecté et supprimé des milliards de faux streams rien qu’en 2025.
![]()
Un barème progressif instauré en 2022 et intensifié en 2026
Dans une interview avec The Hollywood Reporter, Oliver Schusser, vice-président d’Apple chargé d’Apple Music et d’Apple TV, justifie cette hausse des pénalités par l’ampleur persistante du problème malgré les mesures prises depuis 2022. Les fraudeurs déploient des réseaux de bots qui diffusent de la musique en continu 24 heures sur 24 pour générer artificiellement des royalties, mais également des stratégies plus sophistiquées visant à truquer les classements et à forcer l’entrée dans les playlists éditoriales.
L’enjeu dépasse la simple tricherie financière. Les artistes et labels cherchent à atteindre la première place des classements sur le service de streaming pour déclencher une visibilité importante et des opportunités commerciales. Parce qu’il faut le savoir : plus un morceau est écouté, plus l’artiste gagne de l’argent. Cette course aux chiffres alimente un écosystème de manipulation qu’Oliver Schusser qualifie de « jeu à somme nulle » où chaque euro frauduleux est un euro volé aux artistes légitimes.
Apple a mis en place son système de pénalités en 2022 avec un taux de départ fixé à 5 % et un plafond à 25 %. L’année suivante, Apple Music affichait une réduction de 30 % de la manipulation des streams grâce à cette politique. Le nouveau barème démarre désormais à 10 % et peut atteindre 50 % des montants frauduleux.
Concrètement, un million d’euros générés frauduleusement expose l’auteur à une amende maximale de 500 000 euros, en plus de la démonétisation totale des écoutes manipulées. « Augmenter les pénalités retire l’argent aux tricheurs pour le réinjecter dans le système au profit de ceux qui jouent franc jeu », explique le dirigeant.
Une infrastructure de détection qu’Apple oppose à ses rivaux
Apple revendique une longueur d’avance sur ses concurrents dans la détection de la fraude. Oliver Schusser suggère que Spotify et d’autres services de streaming peinent face à ce problème qu’il compare à un « jeu de taupe » où chaque méthode réprimée en engendre une nouvelle.
« Nous nous considérons comme une plateforme de qualité. Nous n’aimons pas qu’on triche et nous aimons redonner aux gens honnêtes », affirme le responsable. L’objectif affiché reste d’atteindre un taux zéro de fraude, même si les milliards d’écoutes manipulées recensées l’an dernier illustrent la difficulté de cette ambition.

C’est quoi cette histoire de faux stremeur.