50 ans d’Apple : Tim Cook parle de Steve Jobs et de Donald Trump
Pour les 50 ans d’Apple, Tim Cook a profité d’une interview avec Esquire pour défendre une idée simple : Steve Jobs reste au cœur de l’identité du groupe. Il a aussi détaillé sa manière de traiter avec l’administration de Donald Trump, en faisant de l’engagement direct un principe de direction.

Tim Cook pense souvent à Steve Jobs
Tim Cook ne présente pas l’anniversaire d’Apple comme un simple moment de célébration. Il s’en sert pour relier deux sujets qui structurent aujourd’hui son rôle : la continuité avec Steve Jobs et la façon dont Apple protège sa position dans l’environnement politique actuel.
« Je pense souvent à lui et, ces derniers mois, en pensant au cinquantième anniversaire, encore plus honnêtement », affirme Tim Cook à propos de Steve Jobs. Le patron d’Apple ajoute : « Vous pensez aux choses auxquelles il croyait. Il croyait au simple, pas au complexe. Il croyait à la collaboration, au fait que si l’on réunissait un petit groupe de personnes, le résultat de ce petit groupe serait bien supérieur à celui de n’importe quel individu pris séparément ».
Cette fidélité va au-delà de l’hommage personnel. Tim Cook affirme qu’Apple reste « définitivement encore son entreprise » et il reprend aussi une conviction déjà exprimée auparavant : il pensait que Steve Jobs resterait président du conseil d’administration de l’entreprise « pour toujours » après avoir quitté le poste de directeur général.
Il assume même le décalage entre cette conviction et la réalité de l’époque. « Avec le recul, je sais que quelqu’un pourrait dire : comment as-tu pu penser cela, compte tenu des circonstances ? Mais ce n’était pas mon état d’esprit à ce moment-là », dit-il.
« L’administration Trump est très accessible »
L’autre versant de l’interview porte sur la pratique du pouvoir par Tim Cook. Interrogé sur sa relation avec l’administration Trump, il met d’abord en avant la possibilité d’échanger directement avec elle.
« L’administration Trump est très accessible », dit-il. Sa logique ne repose pas sur l’adhésion automatique, mais sur la discussion : « On peut donc leur parler de son point de vue sur les choses. Ils peuvent ne pas être d’accord, mais on peut échanger. On peut être entendu. On peut, au final, ne pas réussir à convaincre ».

Le patron d’Apple élargit immédiatement cette méthode au-delà des États-Unis. « L’engagement, pour moi, pas seulement aux États-Unis mais partout dans le monde, est si important parce que tout cela est très complexe, entre les lois locales, les coutumes locales, la culture locale, les réglementations locales. Chaque pays a sa propre histoire. Tout le monde regarde les choses différemment. Et la seule manière d’en avoir le ressenti, c’est de s’asseoir en face de quelqu’un, de communiquer et d’échanger ».
Cette ligne exclut la politique du commentaire extérieur. Tim Cook cite d’ailleurs une phrase de Theodore Roosevelt, 26e président des États-Unis, et en tire une règle de conduite : « Je n’ai jamais cru que crier depuis la touche sur les plus ou les moins était une bonne stratégie. Votre voix se perd simplement dans le vent »
Des valeurs présentées comme inchangées
Cette stratégie de dialogue n’efface pas, selon lui, la nécessité d’un socle constant. Pressé de dire comment Apple maintient la confiance du public dans un climat politique agité, Tim Cook répond qu’une entreprise doit conserver des valeurs cohérentes.
Il cite explicitement la vie privée, l’accessibilité, l’éducation, l’environnement et le fait de « traiter tout le monde avec dignité et respect ». À la question de savoir si ces valeurs sont les mêmes que lorsqu’il est arrivé chez Apple, sa réponse ne laisse aucune place à l’ambiguïté : « Oui, absolument. Absolument. Ce sont les mêmes ».
