Procès iCloud au Royaume-Uni : les utilisateurs pourraient se partager 4 milliards de dollars
Le Tribunal d’appel de la concurrence britannique a autorisé un recours collectif de 3 milliards de livres sterling (4 milliards de dollars) contre Apple. Prévu pour octobre 2028, le procès pourrait aboutir à l’indemnisation de 40 millions de propriétaires d’iPhone et d’iPad au Royaume-Uni.

Déposée en novembre 2024, la procédure accuse Apple d’avoir orienté de force ses utilisateurs vers les abonnements iCloud en limitant l’intégration profonde des services cloud concurrents sur iOS pour la sauvegarde des données. Le cœur du grief est simple : avec seulement 5 Go gratuits, les clients se retrouvent rapidement poussés vers des offres payantes allant de 0,99 livre sterling par mois pour 50 Go à 54,99 livres sterling par mois pour 12 To. En France, les prix s’échelonnent 0,99 euro par mois à 59,99 euros par mois.
Le tribunal ouvre la voie à un procès
Le feu vert du tribunal transforme ce dossier en menace judiciaire majeure pour Apple. Si l’action aboutit, les utilisateurs concernés pourraient obtenir jusqu’à 77 livres sterling chacun, à condition d’avoir utilisé iCloud entre le 8 novembre 2018 et le 8 juin 2026.
La procédure vise les résidents britanniques éligibles de manière automatique, sauf désistement avant le 8 octobre 2026. Les non-résidents, eux, devront s’inscrire manuellement avant cette même date. Cette architecture donne à l’affaire une portée inhabituelle car elle englobe potentiellement des dizaines de millions de clients.
Which?, l’association de consommateurs à l’origine de l’action, entend faire de ce dossier un test grandeur nature contre les écosystèmes fermés. Sa directrice générale, Anabel Hoult, affirme à la BBC vouloir prouver qu’aucune entreprise, « aussi puissante soit-elle, ne peut s’en tirer en abusant de sa position ».
Apple conteste toute pratique anticoncurrentielle
L’accusation soutient qu’Apple verrouille depuis 2015 l’accès des services tiers aux fonctions de sauvegarde système de l’iPhone et de l’iPad. Selon cette thèse, ce verrouillage lie de fait l’usage des appareils de la marque à iCloud, puisque les alternatives ne bénéficieraient pas du même niveau d’intégration dans iOS.
Apple rejette ces accusations et assure que ses clients ne sont pas obligés d’utiliser iCloud. Le groupe nie toute pratique monopolistique et prépare un appel contre la décision du tribunal, dans l’espoir de freiner ou de faire tomber cette procédure de masse.
Cette bataille s’inscrit dans un climat mondial de surveillance accrue des grandes plateformes technologiques. Au-delà du seul marché britannique, le dossier pourrait devenir un précédent important sur la manière dont les autorités examinent la frontière entre intégration produit, dépendance des utilisateurs et abus de position dominante.
