Markus Söder, le ministre-président de Bavière en Allemagne, a affiché son soutien à Apple après un échange avec l’actuel patron Tim Cook et son successeur John Ternus, en mettant en avant les plus de 2 000 emplois du groupe à Munich et en reprenant ses critiques contre la régulation européenne sur l’intelligence artificielle et la protection des données. C’est un moyen pour Apple de négocier afin de lancer Siri AI en Europe.

John Ternus Tim Cook

Markus Söder a présenté cette entretien en visioconférence comme un signal politique et économique. Il a salué la présence croissante d’Apple à Munich, tout en cherchant à inscrire la Bavière dans la carte stratégique de la tech européenne. « La Silicon Valley rencontre la Bavière : Apple et la Bavière sont deux marques mondiales fortes », a déclaré le ministre-président de Bavière.

Le dirigeant a aussi insisté sur le poids local d’Apple. Selon lui, la Bavière est « considérée comme la Silicon Valley de l’Europe » et « à Munich, Apple compte désormais plus de 2 000 emplois ». Cette mise en scène de Munich comme pôle technologique sert à valoriser l’ancrage industriel du groupe et à légitimer un discours plus offensif contre la Commission européenne.

Débloquer l’accès de Siri AI en Europe

En plus de louer les investissements d’Apple, Markus Söder s’est aligné sur les griefs de l’entreprise contre l’environnement réglementaire européen, en visant explicitement l’intelligence artificielle et les règles sur les données. Le responsable bavarois a averti que « la surréglementation, par exemple en matière d’IA et de protection des données, ne doit pas conduire à nous couper du progrès technologique ».

Cette déclaration est presque mot pour mot la ligne défendue par Apple depuis plusieurs semaines. Le fabricant d’iPhone explique que certaines obligations européennes ralentissent le déploiement de nouvelles fonctions d’intelligence artificielle, en particulier autour de Siri AI qui est indisponible dans les pays de l’Union européenne avec iOS 27. À voir si cette discussion aura un quelconque impact sur une future disponibilité de Siri AI en Europe, étant donné le poids de l’Allemagne au niveau de la Commission européenne.

Le ministre-président va plus loin en déclarant : « Nous voulons façonner l’avenir, pas seulement le regarder se produire ». Cette phrase va au-delà d’Apple et se veut une critique plus générale d’une Europe perçue comme trop lente face à l’accélération technologique.

Une séquence sensible pour la Commission européenne

Le calendrier rend cette prise de position particulièrement notable. Il y a quelques jours, Tim Cook avait déjà abordé avec Henna Virkkunen, la responsable de la tech au sein de la Commission européenne, la question de l’indisponibilité de Siri AI dans l’Union européenne. L’intervention de Markus Söder ajoute désormais un soutien politique venu d’un exécutif régional influent, au moment où Apple cherche à convaincre que les règles européennes pèsent concrètement sur son calendrier.

Cette séquence montre aussi comment les grands groupes technologiques cherchent des appuis locaux pour peser dans le débat réglementaire. Apple peut s’appuyer sur son implantation à Munich pour présenter ses demandes comme un enjeu d’emplois, d’investissements et d’innovation en Europe. De son côté, le ministre-président de Bavière utilise la relation avec Apple pour défendre une image de la Bavière ouverte à l’industrie technologique et méfiante envers les excès normatifs venus de la Commission européenne.