Le marché mondial du smartphone vient de connaître un net coup d’arrêt après plus de deux ans de progression continue. Counterpoint Research avait déjà établi le diagnostic mais c’est cette fois au tour d’IDC de confirmer la mauvaise passe : au premier trimestre 2026, les expéditions de mobiles ont reculé de plus de 4 %, signe d’un brusque changement de climat dans une industrie déjà fragilisée par le ralentissement du renouvellement et par la flambée du coût des composants. Au cœur du problème, sans surprise, la mémoire vive et le stockage, dont les prix continuent de grimper sous l’effet de la pression exercée par l’intelligence artificielle sur toute la chaîne électronique.

La pénurie de mémoire casse la dynamique du secteur

Pour la majorité des fabricants, la marge de manœuvre reste limitée. Quand la DRAM et la NAND flambent, les hausses finissent tôt ou tard par se répercuter sur les consommateurs. Dans plusieurs marchés sensibles au prix, cette inflation commence déjà à peser lourdement sur la demande. Résultat : moins d’unités expédiées, des tarifs en hausse et un marché qui repart à la baisse alors qu’il semblait avoir retrouvé un peu de stabilité.

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Ce retournement de tendance risque de ne pas être temporaire : les tensions sur la mémoire devraient encore s’accentuer dans les prochains mois, ce qui pourrait prolonger la contraction du marché bien au-delà du seul premier trimestre.

Apple profite de son positionnement premium

Dans ce contexte difficile, Apple apparaît comme l’un des rares grands constructeurs à mieux absorber le choc. Grâce à des marges plus confortables sur ses modèles haut de gamme, la marque peut préserver plus facilement ses prix publics et défendre ainsi son attractivité au moment où une partie de la concurrence commence à ajuster ses tarifs. Cette stratégie semble payer : les ventes d’iPhone ont progressé au premier trimestre malgré le recul global du marché.

Une fenêtre de tir unique face à des concurrents sous pression

Le contraste devient d’autant plus fort que certains rivaux, Samsung en tête, commencent désormais à relever discrètement les prix de modèles déjà commercialisés. Pour Apple, cette situation crée une opportunité rare : apparaître comme le constructeur le plus stable dans un environnement où presque tout devient plus cher. Cette « logique » se répète sur le marché de l’ordinateur personnel : nombre de constructeurs augmentent leurs tarifs (récemment Microsoft avec la gamme Surface) au moment où le MacBook Neo envahit le marché. Un scénario inattendu, qui voit la marque informatique premium devenir le symbole de la stabilité tarifaire en pleine Rampocalypse. Fou.