Apple a cessé de commander ses batteries auprès de Varta, préférant désormais des fabricants chinois pour équiper ses AirPods. Ce revirement a précipité le fabricant allemand de piles et batteries dans une procédure de dépôt de bilan, déposée devant le tribunal de Stuttgart comme l’a confirmé une porte-parole à l’AFP.

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Une dépendance à Apple qui a été fatale

Varta employait plus de 4 000 salariés à travers le monde, avec un siège basé à Ellwangen dans l’ouest de l’Allemagne. La perte du contrat avec Apple frappe en premier lieu l’usine de Nördlingen, où 350 salariés perdront leur emploi lors de la fermeture prévue en octobre, ce site étant presque entièrement dédié à la production de batteries destinées aux AirPods. Cette dépendance extrême à un client unique explique pourquoi le départ d’Apple a suffi à faire basculer l’ensemble de l’entreprise vers l’insolvabilité.

Le dépôt de bilan ne résulte pourtant pas uniquement de cette rupture commerciale. Varta souffrait déjà d’un ensemble de difficultés structurelles qui fragilisaient son modèle depuis plusieurs années : prix élevés des matières premières et de l’énergie, problèmes récurrents d’approvisionnement en composants, concurrence asiatique de plus en plus agressive sur les prix et une demande globale en berne sur le marché des batteries. Le retrait d’Apple a agi comme le coup de grâce sur une entreprise déjà affaiblie.

Cette crise n’est d’ailleurs pas la première traversée par le groupe. Varta avait déjà mené une restructuration en 2024, à l’issue de laquelle Porsche et l’homme d’affaires autrichien Michael Tojner étaient devenus les actionnaires de référence de l’entreprise. Plusieurs créanciers institutionnels, dont Deutsche Bank, Blantyre, RBC Bluebay et Whitebox, restent impliqués dans le dossier financier du groupe et pèseront sur les décisions à venir.

Les pistes de sauvetage encore incertaines

Michael Tojner a exprimé sa volonté de poursuivre certaines activités du groupe, en misant sur une restructuration accompagnée de coupes sévères dans les effectifs et les sites de production. Une piste de rachat existe également : le groupe suisse Allswiss s’était positionné en juin avec une offre non contraignante, sans qu’aucun accord ferme n’ait été conclu à ce stade.

L’issue de la procédure devant le tribunal de Stuttgart déterminera si Varta parvient à se réinventer autour d’un nombre réduit d’activités ou si l’entreprise disparaît purement et simplement du paysage industriel allemand.