Apple a profité d’un échange technique après la keynote de la WWDC 2026 pour présenter ses Apple Foundation Models (AFM), en lien avec Siri AI sur iOS 27. Le message est simple : Google a bien contribué à certains niveau des modèles, mais Apple refuse l’idée d’une intelligence artificielle bâtie sur Gemini tel quel.

Apple Foundation Models

Craig Federighi, le vice-président d’Apple chargé d’iOS et de macOS, a formulé cette frontière de manière très directe. Apple n’utilise pas Google Assistant, les modèles Gemini servis par Google à ses clientsle code client de Google, son infrastructure de déploiement ou encore le moteur de recherche de Google comme socle de connaissance.

Le point important n’est pourtant pas l’absence totale de Google. Il est dans la nature exacte de sa présence. Amar Subramanya, vice-président de l’intelligence artificielle chez Apple, explique que quatre modèles de la nouvelle famille AFM ont été conçus pour Apple Silicon, entraînés sur des données propriétaires, renforcés par l’apprentissage par renforcement, puis affinés à partir des sorties des modèles de Gemini. Apple parle donc d’un travail de distillation, pas d’une reprise brute des modèles de Google.

Apple Foundation Models : cinq modèles pour l’IA

Apple a structuré sa troisième génération d’AFM autour de cinq modèles. Sur l’appareil, AFM Core repose sur une architecture dense de nouvelle génération, tandis qu’AFM Core Advanced adopte une architecture clairsemée et multimodale. Apple présente ce deuxième modèle comme un saut important pour les usages locaux, avec de nouvelles fonctions comme des voix expressives sans passage par le cloud.

Côté serveur, AFM Cloud traite les requêtes de Private Cloud Compute sensibles à la latence. AFM Cloud Image s’occupe de la génération et de l’édition d’images, y compris le recadrage spatial. Enfin, AFM Cloud Pro vise les usages agentiques et les tâches de raisonnement plus complexes avec un niveau de qualité qu’Apple rapproche des modèles de Gemini.

Cette hiérarchie montre le vrai projet d’Apple. L’entreprise ne cherche pas à faire tourner un modèle unique partout. Elle répartit les tâches entre plusieurs supports selon le niveau de complexité, la rapidité nécessaire et la quantité de contexte personnel à mobiliser.

Le point où Apple sort de son cadre habituel

Le cas d’AFM Cloud Pro est le plus révélateur. Pour ce modèle, Apple s’éloigne de la forme habituelle de Private Cloud Compute et a travaillé avec Google et Nvidia pour étendre son infrastructure privée à des GPU de Nvidia hébergés dans le cloud de Google.

Apple Google Logos

Sebastien Marineau-Mes, vice-président du logiciel chez Apple, explique qu’Apple voulait utiliser les dernières puces de Nvidia, mais seulement à la condition qu’elles soient configurées de façon à ne pas pouvoir lire le contenu des serveurs d’Apple. C’est une technologie récente de Nvidia qui a pour nom « ambiguous confidential compute » et qui a rendu ce montage possible. Apple présente donc cette extension comme une manière de transporter ses exigences de confidentialité vers une infrastructure tierce.

Ce point compte beaucoup plus que la seule mention de Google. Il montre qu’Apple accepte désormais de sortir de son cloud privé standard quand un modèle le justifie, à condition de conserver un contrôle strict sur l’isolation des données.

L’orchestrateur devient la vraie pièce maîtresse

Craig Federighi a décrit l’ensemble du système comme organisé autour d’un orchestrateur de système. C’est lui qui décide si une requête doit partir vers un modèle local ou un modèle cloud, en fonction de sa difficulté et du niveau de contexte personnel nécessaire. Apple en fait le centre réel de son architecture de confidentialité.

Autour de lui, plusieurs éléments donnent au système sa portée pratique : un App Toolbox pour agir dans les applications, un index de recherche sémantique de Spotlight pour les contenus personnels et le contexte affiché à l’écran pour la compréhension en temps réel. Pour les questions liées à l’actualité, Apple ajoute un World Knowledge Service qu’il dit développer depuis plusieurs années.

Apple cherche enfin à appuyer sa crédibilité sur la vérification externe. La firme de Cupertino affirme que toute l’infrastructure de Private Cloud Compute, y compris la capacité de Nvidia installée dans le cloud de Google, peut être auditée par des chercheurs tiers pour confirmer que les données des utilisateurs ne sont ni stockées ni consultées.