Modération en ligne : Mark Zuckerberg (Meta) accuse Apple de bénéficier d’une traitement de faveur
Mark Zuckerberg revient une fois de plus à la charge contre Apple, accusant cette fois la firme de Cupertino de bénéficier d’un traitement plus clément sur les questions de modération et de protection des utilisateurs. Ces déclarations émergent dans un contexte judiciaire délicat pour Meta, la firme étant visée par une plainte de l’État du Nouveau-Mexique concernant l’impact de ses plateformes sur la santé mentale des adolescents.
Des recherches internes embarrassantes pour Meta
Les documents judiciaires révèlent que Meta disposait d’études internes montrant qu’Instagram aggravait les troubles de l’image corporelle chez les jeunes filles, tout en affirmant publiquement que ses services étaient sûrs pour les mineurs. Dans un email interne rendu public, Mark Zuckerberg reproche à Apple de ne pas mener d’analyses comparables sur ses propres services de messagerie et de s’exposer à moins de critiques.

Le dirigeant affirme notamment qu’Apple laisse davantage de responsabilité aux utilisateurs, en particulier sur iMessage : « « Apple, par exemple, ne semble pas étudier ce genre de sujets. D’après ce que je comprends, ils n’ont personne chargé de revoir ou de modérer les contenus et ne disposent même pas d’un système de signalement dans iMessage. Ils ont adopté l’approche selon laquelle ce que les gens font sur la plateforme relève de leur propre responsabilité, et en ne prenant pas cette responsabilité à leur charge, Apple n’a pas constitué d’équipe ni mené de nombreuses études pour analyser les compromis de cette stratégie. »
Pourtant, la messagerie d’Apple intègre des outils de signalement du spam, des filtres de contenu explicite activés par défaut pour les mineurs et a déjà mené des études approfondies sur la détection de contenus pédopornographiques, un projet finalement abandonné après des débats sur la protection de la vie privée.
Des obligations plus lourdes ?
En filigrane, Meta déplore d’être soumis à des obligations de transparence plus lourdes, donnant l’impression que ses plateformes concentrent davantage de contenus problématiques. Une comparaison jugée contestable par de nombreux observateurs, Apple ne gérant pas de réseaux sociaux publics soumis aux mêmes règles de modération.
Alors que les autorités renforcent les exigences autour de la protection des mineurs et de la vérification de l’âge, cet échange illustre surtout les difficultés persistantes de Meta à redorer son image sur ces sujets sensibles — et sa tentation récurrente de pointer du doigt ses concurrents… plutôt que de corriger ses propres choix de conception.
