La légende de Steve Jobs est souvent racontée en trois actes : la création d’Apple, l’éviction brutale de 1985, puis le retour triomphal qui mènera à l’iMac, l’iPod et l’iPhone. Le nouveau livre de Geoffrey Cain, Steve Jobs in Exile: The Untold Story of NeXT and the Remaking of an American Visionary, s’intéresse précisément à ce que ce récit accéléré laisse dans l’ombre : les douze années passées loin d’Apple, entre NeXT, Pixar,  et échecs commerciaux.

NeXT, laboratoire d’un Steve Jobs moins mythologique

Disponible en précommande sur Amazon, l’ouvrage s’appuie sur des archives internes, des documents rarement exploités et plus d’une centaine d’entretiens. Cain y montre un Jobs encore brillant, mais moins invincible que dans la mémoire collective : perfectionniste, instable, parfois autoritaire, mais aussi obligé d’apprendre à s’auto-discipliner, et à toucher du doigt les limites du seul génie créatif.

Dans un échange public autour du livre, Geoffrey Cain explique qu’avant son exil, Jobs construisait « des monuments à son génie », mais que ceux-ci n’étaient pas commercialement viables. Selon Cain, c’est à NeXT qu’il comprend que « l’exécution compte plus que l’idée ».

Un échec commercial devenu fondation technologique

De NeXTSTEP au futur macOS

Le NeXT Cube n’a jamais conquis le grand public, notamment à cause de son prix et de son marché trop étroit (celui de la workstation). Mais son système, NeXTSTEP, deviendra une pièce essentielle du futur d’Apple après le rachat de NeXT en 1996. C’est aussi sur une machine NeXT que Tim Berners-Lee développera le World Wide Web en 1990.

Le livre rappelle également le rôle de Pixar, d’Ed Catmull, de WebObjects et d’anciens cadres de NeXT qui rejoindront ensuite Apple en même temps que Jobs. Ces années « NeXT » apparaissent finalement moins comme une parenthèse que comme un banc d’essai qui aura permis à Steve Jobs d’affiner ses compétences et de revenir bien plus fort à la tête d’Apple.

Steve Jobs in Exile sera disponible à la vente dès demain sur Amazon (en anglais seulement… malheureusement).