Apple va confier à Intel la fabrication des processeurs de certains de ses Mac et iPhone, une décision qui s’inscrit dans le sillage direct de l’exemption de droits de douane obtenue par le fabricant auprès de l’administration Trump, comme le révèle le Wall Street Journal.

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Une exemption des droits de douane négociée en 2025

L’administration Trump envisageait initialement d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les semi-conducteurs importés. Face à cette menace, le patron d’Apple Tim Cook avait fait pression durant l’été 2025 pour obtenir une exemption complète, en échange d’engagements d’investissement massifs sur le sol américain. Cette négociation s’accompagnait d’une demande spécifique formulée par Donald Trump et son secrétaire au Commerce Howard Lutnick qui souhaitaient voir Apple utiliser davantage les capacités de production d’Intel.

Parallèlement à ces discussions, le gouvernement américain est devenu le premier actionnaire d’Intel en convertissant 9 milliards de dollars de subventions fédérales en une participation de 10 % du capital de l’entreprise. Cette opération montre une forme inédite de capitalisme d’État aux États Unis, où le gouvernement s’implique directement dans le capital d’un acteur stratégique du secteur des semi-conducteurs.

Près d’un an après ces négociations, Donald Trump a lui-même révélé la nouvelle sur son réseau social Truth Social, provoquant une hausse immédiate du cours de l’action Intel. Le président américain a justifié son soutien à l’entreprise : « J’ai décidé d’aider Intel parce que nous devons concevoir et fabriquer nos puces ici même en Amérique ».

Cette annonce a confirmé qu’Apple utilisera les usines d’Intel pour produire certaines puces destinées à ses Mac et iPhone. Cette décision marque un tournant stratégique pour Apple, qui diversifie ainsi sa chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs au delà de ses partenaires traditionnels basés en Asie.

Un bouclier qui ne protège pas de tout

L’exemption obtenue par Apple a permis à l’entreprise d’éviter les hausses de prix qui auraient un lien avec des droits de douane aussi élevés sur les semi-conducteurs. Cette protection reste toutefois partielle, puisqu’Apple a tout de même dû augmenter les prix de plusieurs de ses produits en raison de la pénurie mondiale de RAM. C’est un phénomène indépendant des droits de douane et directement lié à la demande croissante générée par l’intelligence artificielle.