La CIA a averti Tim Cook, patron Apple, que la Chine pourrait envahir Taïwan d’ici 2027
Plusieurs dirigeants de la tech, dont Tim Cook (Apple), Jensen Huang (Nvidia), Lisa Su (AMD) et Cristiano Amon (Qualcomm) ont été conviés en juillet 2023 à un briefing secret de la CIA dans la Silicon Valley sur les plans militaires de la Chine visant Taïwan, révèle le New York Times. Tim Cook a confié après coup dormir avec un œil ouvert, alors que toutes ses puces sont fabriquées par le groupe tawaïnais TSMC qui contrôle 90 % de la production mondiale de semi-conducteurs avancés.

Un rapport confidentiel commandé en 2022 par la Semiconductor Industry Association avait conclu qu’une coupure de l’accès aux puces taïwanaises provoquerait la pire crise économique depuis la Grande Dépression, avec une contraction de 11 % du PIB américain. Une estimation de Bloomberg de janvier 2024 chiffrait le coût d’un conflit pour l’économie mondiale à plus de 10 000 milliards de dollars.
C’est dans ce contexte que Gina Raimondo, secrétaire au Commerce lorsque Joe Biden était président des États-Unis, avait organisé la réunion dans une salle sécurisée de Silicon Valley, frustrée par la lenteur de l’industrie à réduire sa dépendance à Taïwan. Le directeur de la CIA William Burns et la directrice du renseignement national Avril Haines y ont présenté les dernières informations sur les intentions de la Chine. La menace d’une invasion d’ici 2027 n’était pourtant pas une nouveauté : dès 2021, un responsable militaire américain l’avait évoquée devant le Congrès. Un premier briefing à la Maison Blanche fin 2021 avait laissé les dirigeants sceptiques, les informations ayant déjà filtré dans la presse.
Des années de résistance avant un engagement
Malgré l’avertissement, les entreprises dont Apple tardaient à s’engager sur des puces américaines. La raison est comptable : produire aux États-Unis coûte plus de 25 % de plus qu’à Taïwan et les usines de TSMC en Arizona accusent un retard technologique d’une génération sur les sites de Taïwan.
Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, classait cette dépendance parmi les plus grandes vulnérabilités du pays. « Nous disions : C’est une folie. Nous devons faire quelque chose », a-t-il déclaré au New York Times. Le gouvernement Biden a répondu par le CHIPS and Science Act en 2022, doté de 50 milliards de dollars de subventions pour relocaliser la fabrication de puces sur le sol américain.
Apple a finalement changé de cap. L’été dernier, Tim Cook s’est rendu à la Maison Blanche pour s’engager à investir 100 milliards de dollars supplémentaires aux États-Unis (pour un total de 600 milliards de dollars), une somme destinée notamment à soutenir TSMC et d’autres fabricants. La firme de Cupertino a également entamé des réunions d’ingénierie régulières avec Intel pour évaluer les capacités de production du groupe américain.
