La Russie s’attaque à Apple et la pré-installation d’applications

En juin, Apple a retiré à la fois les applications MAX et VK de son App Store russe, au moment même où la loi russe lui impose de préinstaller ces mêmes services sur ses appareils. Ce paradoxe a conduit l’autorité de la concurrence russe, la FAS, à ouvrir un dossier antitrust contre Apple.

Apple Russie Logo

Une obligation légale d’Apple sans réponse complète

Depuis 2019, la Russie impose aux fabricants d’appareils de préinstaller certaines applications domestiques, dont MAX, une messagerie soutenue par l’État, et RuStore, une boutique d’applications obligatoire. La FAS avait fixé à Apple une échéance au 15 juillet pour se mettre en conformité avec cette exigence, estimant que le refus d’Apple constituait un traitement discriminatoire envers les logiciels russes.

Apple n’a répondu que partiellement à cette demande, en autorisant l’installation d’un moteur de recherche russe sur ses iPhone et iPad avec iOS 26.6, sans toutefois préinstaller MAX ni RuStore comme l’exigeait la FAS. Cette conformité jugée insuffisante a directement motivé l’ouverture du dossier antitrust, comme le rapporte l’agence de presse russe RIA.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans une longue série de tensions entre Apple et les autorités russes, marquée par plusieurs actions successives de l’entreprise depuis le début du conflit en Ukraine. En 2021, Apple avait accepté un compromis avec Moscou en affichant une liste d’applications russes recommandées lors de la configuration d’un nouvel iPhone. En mars 2022, après l’invasion de l’Ukraine, Apple a suspendu ses ventes et exportations vers la Russie, tout en retirant les applications RT et Sputnik dans le reste du monde. Puis en septembre 2022, l’entreprise a retiré plusieurs applications du groupe VK en raison des sanctions britanniques visant cette entreprise.

Un bras de fer qui pourrait s’intensifier

En l’état, l’ampleur d’une éventuelle sanction contre Apple reste inconnue. La Russie dispose toutefois d’un précédent retentissant en la matière : en 2024, elle avait calculé que Google devait environ 20 décillions de dollars (33 zéros après le 20) au titre d’amendes accumulées, un montant illustrant la capacité des autorités russes à formuler des exigences financières considérables envers les géants technologiques étrangers.

Cette nouvelle procédure antitrust place Apple face à un dilemme difficile à résoudre : se conformer pleinement aux exigences russes en intégrant des services soutenus par l’État ou continuer de résister au risque de sanctions financières dont l’ampleur reste totalement imprévisible.

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