App Store : la Russie veut qu’Apple justifie le retrait d’applications russes
Apple a retiré de l’App Store plusieurs applications du groupe russe VK au nom du respect des sanctions internationales, déclenchant une riposte immédiate de Moscou. Le Kremlin exige des explications formelles, tout en appelant les utilisateurs russes à basculer vers Android.
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VK, acteur technologique contrôlé par l’État russe, conteste frontalement ce retrait de l’App Store. Le groupe affirme qu’il n’a jamais fait l’objet de sanctions américaines et accuse Apple d’avoir agi sans avertissement préalable. Dans un communiqué à Reuters, l’entreprise estime que « par ses actions, Apple restreint l’accès des utilisateurs russes à des services populaires utilisés chaque jour par des dizaines de millions de personnes : réseaux sociaux, messageries, plateformes vidéo, e-mail et produits éducatifs ». VK ajoute : « Nous considérons ces actions d’Apple envers les utilisateurs russes comme totalement injustifiées et inacceptables ».
Le Kremlin hausse le ton contre Apple
La réaction du pouvoir russe ne s’est pas fait attendre. Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin, a demandé de « traiter directement cette question avec l’entreprise elle-même et d’exiger une explication ». Il a aussi prévenu que « si de telles explications ne sont pas fournies, nous devrons en tirer les conclusions qui s’imposent quant à la poursuite de toute coopération avec cette entreprise ».
Ce durcissement vise un acteur central de l’écosystème numérique russe. En janvier, le service d’hébergement vidéo de VK recensait 42,2 millions d’utilisateurs quotidiens. La suppression de ses applications touche donc bien plus qu’un simple portefeuille logiciel, puisqu’elle affecte des usages de masse dans les réseaux sociaux, la messagerie, la vidéo, l’e-mail et l’éducation.
La Russie pousse vers Android et ses outils d’État
Le gouvernement russe exploite déjà l’incident pour accélérer sa propre stratégie industrielle. Les autorités encouragent désormais les citoyens à se tourner vers Android, plateforme sur laquelle les applications de VK restent accessibles, afin de réduire la dépendance à l’écosystème d’Apple.
Cette offensive s’inscrit dans un mouvement engagé depuis 2022, dans le sillage de la guerre en Ukraine et des restrictions croissantes imposées aux applications étrangères. La Russie cherche depuis à reprendre le contrôle de son espace numérique local et à évincer les grandes plateformes occidentales. La messagerie d’État MAX, développée par VK, est désormais préinstallée sur tous les appareils mobiles vendus en Russie. Pour sa part, Apple a retiré Max de l’App Store il y a quelques semaines.
