Retard d’Apple dans l’IA : Craig Federighi impose sa méthode et veut limiter les coûts
Apple confie la refonte de Siri à Gemini de Google sous la direction directe de Craig Federighi, vice-président chargé des système d’exploitation, afin de combler son retard technologique. Cette décision valide une restructuration majeure de la stratégie pour Apple Intelligence visant à livrer une mise à jour critique en 2026 après de multiples reports.

Apple a finalisé la consolidation de son leadership en intelligence artificielle en décembre. Craig Federighi supervise désormais l’ensemble de l’organisation, une transition amorcée plus tôt par le transfert de la responsabilité de Siri du groupe IA vers sa division logicielle. L’annonce de ce mois-ci concernant l’utilisation de Google Gemini concrétise cette prise de pouvoir et doit permettre le lancement d’une version modernisée de Siri, initialement repoussée en 2025.
La maîtrise des coûts prime sur l’investissement
Selon The Information, le profil de Craig Federighi impose une rigueur budgétaire stricte qui tranche avec les pratiques du secteur de l’intelligence artificielle. Ses collaborateurs le décrivent comme très soucieux des coûts et sceptique vis-à-vis des investissements aux retours incertains. Cette philosophie s’oppose radicalement aux stratégies de Google, Meta ou OpenAI qui injectent des dizaines de milliards de dollars dans les data centers pour l’IA et les puces.
Apple privilégie une approche économe en misant sur le traitement local via les puces Apple Silicon et ses serveurs Private Cloud Compute. L’entreprise parie sur une baisse future des coûts de calcul et des talents, estimant que la majorité des usages grand public finiront par être gérés directement sur les appareils.

Cette prudence financière se double d’une préférence pour la stabilité logicielle. Craig Federighi juge l’IA imprévisible et difficile à contrôler, favorisant des comportements logiciels fiables. Il a par exemple rejeté des propositions visant à réorganiser dynamiquement l’écran d’accueil de l’iPhone par IA, craignant de dérouter les utilisateurs.
Des modèles externes pour pallier les lacunes internes
Le virage vers des partenaires externes résulte d’un constat d’échec partiel des solutions maison d’Apple. Après avoir expérimenté ChatGPT à la fin 2022, Craig Federighi a changé sa position sur les grands modèles de langage (LLM) mais a conclu que les modèles internes d’Apple ne s’exécutaient pas très bien sur les appareils.
Cette conclusion a intensifié les frictions avec l’équipe Apple Foundation Models. Lors d’une réunion à l’automne, Craig Federighi a exprimé son mécontentement face à la lenteur des progrès. Certains ingénieurs ont perçu ces remarques comme une critique injuste, estimant qu’on leur reprochait des problèmes d’optimisation relevant de la division logicielle. D’autres se sont plaints d’un manque de directives claires sur l’utilisation finale de leurs technologies.
Les tensions stratégiques ne sont pas nouvelles. En 2019, Mike Rockwell, alors en charge de l’Apple Vision Pro, avait déjà affronté Craig Federighi en proposant une interface pilotée par l’IA, qualifiant l’approche logicielle classique de trop conservatrice. Ironie du sort, Mike Rockwell dirige Siri depuis début 2025 et se rapporte maintenant directement à Craig Federighi.
Malgré l’accord avec Google, Apple maintient le développement de ses propres technologies. L’objectif est de réduire et d’adapter les modèles des partenaires pour qu’ils tournent en local sur iPhone, iPad et Mac, limitant ainsi la dépendance à long terme. Pour y parvenir, Apple envisage l’acquisition de petites sociétés spécialisées dans la compression de modèles.

En résumé, on est à la ramasse et on se justifie comme on peut pour pas avouer la défaite. Pendant ce temps: « Dis Siri, donne-moi la météo à Paris » … « Désolé nos serveurs rencontrent des soucis actuellement ! »