Les grands groupes technologiques sont de nouveau pointés du doigt pour leur gestion de la « sextorsion » en ligne. Le régulateur australien eSafety estime en effet qu’Apple, Meta, Google, Microsoft, Snap, Discord et WhatsApp ne déploient pas suffisamment d’outils pour détecter et signaler les tentatives de chantage sexuel, un phénomène qui touche particulièrement les adolescents et les jeunes adultes.

Des messages coercitifs encore trop peu détectés

La sextorsion consiste à menacer une victime de diffuser des images intimes afin d’obtenir de l’argent, d’autres contenus ou un contrôle psychologique. Selon eSafety, les escrocs utilisent souvent des scripts répétitifs, avec des formulations reconnaissables d’une plateforme à l’autre. Or plusieurs services de messagerie, dont iMessage, WhatsApp, Discord ou Google Messages, n’utiliseraient pas assez l’analyse linguistique pour repérer ces schémas.

La commissaire Julie Inman Grant reproche aux plateformes de ne pas agir malgré les éléments fournis par le régulateur : « Même lorsque nous leur avons présenté clairement la situation, nous n’avons pas vu de réponses adéquates, alors que la technologie est facilement disponible. »

iMessage et la question du chiffrement

Dans le cas d’Apple, le sujet est sensible car iMessage repose sur le chiffrement de bout en bout. Le régulateur estime toutefois qu’une analyse réalisée directement sur l’appareil pourrait aider à repérer certains messages à risque sans lire les conversations côté serveur, à l’image des protections déjà proposées pour avertir les mineurs lorsqu’ils reçoivent ou envoient des contenus sensibles.

Un enjeu de sécurité numérique majeur

eSafety signale plus de 2 000 plaintes de sextorsion sur le second semestre 2025 et indique que plus d’un adolescent sur dix âgé de 16 à 18 ans a déjà été ciblé. Pour les plateformes, l’enjeu est désormais de passer d’une capacité de réaction (après signalement) à une prévention mieux intégrée dès la conception des services.