Apple a transmis aujourd’hui à la SEC, le gendarme boursier américain, sa déclaration annuelle sur les minerais de sang, couvrant l’intégralité de l’année 2025, pour l’ensemble de ses produits, de l’iPhone à l’Apple Vision Pro en passant par le Mac. Le fabricant assure ne pas financer des groupes armés au Congo ou dans un pays voisin.

Minerais Cobalt Congo

Le document porte sur les quatre minerais désignés sous l’acronyme 3TG : l’étain, le tantale, le tungstène et l’or, présents dans la fabrication de l’iPhone, du Mac, de l’iPad, des AirPods, de l’Apple TV, de l’Apple Watch, de l’Apple Vision Pro, des produits Beats, du HomePod, du HomePod mini, de l’Apple Card et de l’ensemble des accessoires Apple. L’entreprise y affirme avoir « trouvé aucune base raisonnable pour conclure que des fonderies ou raffineries de 3TG identifiées dans sa chaîne d’approvisionnement au 31 décembre 2025 ont directement ou indirectement financé ou bénéficié à des groupes armés en République démocratique du Congo ou dans un pays limitrophe ».

Pour aboutir à cette conclusion, Apple impose à l’ensemble de ses fournisseurs utilisant du 3TG de soumettre chaque année un modèle standardisé de déclaration sur les minerais de sang. La totalité des fonderies et raffineries identifiées dans sa chaîne d’approvisionnement est par ailleurs soumise à un audit indépendant annuel obligatoire. En cas de refus ou d’incapacité à satisfaire aux exigences d’Apple, la société dit prendre « les mesures nécessaires, via ses fournisseurs, pour mettre fin aux relations commerciales concernées ».

Des limites de traçabilité dans un contexte de poursuites judiciaires

Apple reconnaît une limite structurelle dans ce dispositif : le groupe n’achète pas directement de minerais bruts auprès des sites miniers, ce qui le contraint à s’appuyer sur les déclarations de ses fournisseurs, des fonderies, des raffineries et de programmes d’audit tiers pour retracer l’origine des minerais. Apple admet ainsi ne « pas toujours pouvoir déterminer les pays d’origine du 3TG effectivement contenu » dans ses composants et produits finis, et précise que ces minerais peuvent provenir du Congo ou de pays voisins, ainsi que de sources recyclées.

Ce rapport intervient dans un contexte de scrutin accru sur la chaîne d’approvisionnement d’Apple. En novembre dernier, l’organisation International Rights Advocates (IRAdvocates) a intenté une deuxième action en justice contre Apple, alléguant la présence dans sa chaîne d’approvisionnement de minerais liés au travail des enfants, au travail forcé et à des groupes armés au Congo et au Rwanda. Une première plainte similaire, déposée par IRAdvocates au début 2024 contre Apple et quatre autres entreprises technologiques pour approvisionnement illégal en cobalt, avait été rejetée par les tribunaux. Apple a systématiquement nié ces accusations.