Après la plainte d’Apple, OpenAI dit ne voir aucune preuve de vol de secrets
Apple a déposé la semaine dernière une plainte accusant OpenAI d’avoir volé des informations confidentielles grâce à d’anciens salariés. Aujourd’hui, OpenAI réplique dans un communiqué en affirmant n’avoir connaissance d’aucune preuve étayant le bien-fondé de cette accusation.

OpenAI réagit à la plainte
Dans un communiqué transmis à Bloomberg, OpenAI indique :
Bien que nous prenions ces allégations au sérieux, nous n’avons connaissance d’aucune preuve démontrant le bien-fondé de cette plainte. Nous croyons en une concurrence loyale et en la liberté des personnes de travailler où elles le souhaitent, et nous nous concentrons sur le développement de technologies innovantes qui donnent du pouvoir aux gens partout dans le monde.
Ce nouveau communiqué met en avant la question de la mobilité des employés, un angle qui permet à OpenAI de recontextualiser l’arrivée massive d’anciens employés Apple dans ses effectifs. Cette stratégie de communication laisse entrevoir la ligne de défense que pourrait adopter OpenAI devant les tribunaux : présenter ce recrutement massif comme la conséquence naturelle de sa capacité à attirer des talents sur un marché concurrentiel. Apple affirme que plus de 400 de ses anciens salariés ont rejoint OpenAI.
Pour rappel, la toute première réaction d’OpenAI avait été :
Nous n’avons aucun intérêt pour les secrets commerciaux d’autres entreprises. Nous restons concentrés sur la construction de technologies innovantes qui donnent du pouvoir aux gens partout dans le monde.
Apple accuse le créateur de ChatGPT de vols de secrets
Le fabricant de l’iPhone situe le cœur du problème dans le passage de plusieurs employés stratégiques d’Apple vers OpenAI, un mouvement qu’il qualifie de complot organisé. Apple pointe notamment deux figures centrales de ce transfert de compétences : Tang Tan et Chang Liu, tous deux passés par ses rangs avant de rejoindre l’équipe matérielle d’OpenAI.
Apple décrit dans sa plainte un procédé de récupération d’informations sensibles. Selon le groupe, Tang Tan et Chang Liu auraient demandé aux candidats qu’ils recevaient en entretien chez OpenAI de venir munis de détails sur des produits Apple non encore dévoilés, ainsi que sur des composants, des procédés de fabrication et des relations avec les fournisseurs. La plainte va plus loin concernant Chang Liu, accusé d’avoir profité de son passage chez OpenAI pour exploiter une faille dans un système d’authentification et consulter ainsi des documents confidentiels appartenant à Apple via un Mac fourni par Apple.
Face à ces accusations, Apple a formulé plusieurs demandes concrètes devant la justice. Le groupe réclame une injonction obligeant OpenAI à cesser d’utiliser les informations issues d’Apple dans le développement de son appareil dédié à l’intelligence artificielle, le versement de dommages et intérêts, ainsi que des poursuites individuelles contre Tang Tan et Chang Liu pour rupture de contrat.
Apple a également demandé que l’affaire soit tranchée devant un jury, une option qui pourrait accroître la pression médiatique et financière sur OpenAI si le procès va à son terme.
